François Hollande a annoncé ce vendredile transfert au Panthéon de quatre "grands hommes", Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay lors de l'hommage de la nation à la Résistance, vendredi au Mont-Valérien. Mais qui sont ces femmes et ces hommes illustres?
Germaine Tillion
Née le 30 mai 1907 à Allègre en Haute-Loire, Germaine Tillion, ethnologue de formation, part à plusieurs reprises en Algérie à la fin des années 30 pour étudier l'ethnie berbère des Chaouias à laquelle elle a consacré sa thèse.
De retour en France en 1940, la capitulation du Maréchal Pétain devant Hitler la décide à entrer en Résistance: "Ce fut pour moi un choc si violent que j'ai dû sortir de la pièce pour vomir..." écrit-elle dans La traversée du mal.
Commandante de la filière d'évasion de prisonniers de guerre fondée par le colonel Paul Hauet, le groupe du Musée de l'homme, elle rejoint le réseau Gloria sous l'égide des services britanniques, tous ses camarades ayant été arrêtés. Dénoncée par l'abbé Robert Alesch qui avait infiltré le réseau, elle est déportée à Ravensbrück le 21 octobre 1943. Elle y écrit en cachette l'opérette Le Verfügbar aux Enfers qui sera jouée en 2007 au théâtre de Châtelet. Après la guerre, Germaine Tillion poursuivra son engagement en continuant méthodiquement ses recherches sur la Résistance et la déportation.
En décembre 1954, elle retourne en Algérie pour enquêter officiellement sur le sort des populations civiles dans les Aurès, où se déroulent les premiers affrontements de ce qui deviendra la guerre d'Algérie. Elle y ouvrira des centres sociaux et des missions d'actions éducatives. Après la guerre, elle recueillera de nombreux témoignages de tortures et d'exactions menés dans les prisons et les camps.
Germaine Tillion s'est éteinte le 19 avril 2008 à Saint-Mandé. Elle avait 100 ans.
Geneviève de Gaulle-Anthonioz
Née le 25 octobre 1920 à Saint-Jean-de-Valériscle dans le Gard, cette nièce du Général de Gaulle n'a que 13 ans lorsqu'elle lit Mein Kampf et comprend à quel point Hitler et l'idéologie nazie représentent une menace pour "la liberté et la culture", selon la page qui lui est dédiée sur le site Mémoire de guerre.
Elle a 20 ans quand, étudiante à la Sorbonne, elle devient membre du réseau Musée de l'Homme. Elle participe ensuite à la création de maquis au sein du groupe Défense de la France. Arrêtée par la Gestapo française en juillet 1943, elle est emprisonnée à Fresnes puis Compiègne, avant d'être déportée au camp de Ravensbrück où elle retrouve, entre autres, Germaine Tillion.
Présidente de l'Association des Déportées et Internées de la Résistance (ADIR) après la guerre, elle a rejoint le cabinet d'André Malraux losqu'elle fait la rencontre du Père Joseph Wresinski, aumônier du "camp des sans-logis" de Noisy-le-Grand.
Elle quitte alors le Ministère de la Culture pour se consacrer aux miséreux et devient en 1964, la présidente d'ATD (Aide à Toute Détresse) renommé par la suite ATD quart monde, Wresinski.
Témoin à charge au procès de Klaus Barbie en 1987, elle disparaît à 82 ans, le 14 février 2002 à Paris.
>> Pour en savoir plus:l'article du journal Le Monde à l'occasion du décès de Geneviève De Gaulle-Anthonioz
Pierre Brossolette
Né à Paris le 25 juin 1903, ce journaliste et homme politique Membre de la Ligue des droits de l'homme entre dans l'armée au grade de lieutenant au début de la guerre. Refusant le régime de Vichy, il rejoint le réseau résistant du Musée de l'homme et participe à la formation des groupes de résistance Libération-Nord. Sa librairie à Paris sert de lieu de rencontre et de boite aux lettres pour la Résistance.
Pierre Brossolette dirige ensuite le service chargé de faire le lien entre les résistances extérieures et intérieures. Tandis qu'il tente de rejoindre Londres après avoir échappé de peu à plusieurs arrestations, il est dénoncé par une collaboratrice, et arrêté. Torturé avec un autre résistant, Émile Bollaert, Brossolette se défenestre plutôt que de parler, le 22 mars 1944.
Pour en savoir plus voir le site www.pierrebrossolette.com
Jean Zay
Né à Orléans le 6 août 1904, Jean Zay, avocat, s'engage très tôt en politique, il est nommé en 1936, membre du gouvernement du Front populaire comme ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts, il a 32 ans. Engagé dans l'armée en 39, il quitte la France lors de l'établissement du régime de Vichy. Arrêté alors qu'il tente de rejoindre l'Afrique du Nord, est interné pour désertion à la prison militaire de Clermont-Ferrand. Transféré à Riom, il travaille sur les réformes qu'il espère mettre en oeuvre à la libération plutôt que de s'évader.
Le 20 juin 1944, il est abattu d'une rafale de mitraillette dans le dos par trois miliciens lors de son transfert pour Melun. Son corps, dépouillé de tout signe de reconnaissance, est jeté dans un gouffre du Puits du Diable, au fond duquel les miliciens lancent de la dynamite. Ce n'est que 4 ans plus tard que l'un des ses assassins, Charles Develle, reconnaîtra les faits.
Pour en savoir plus, l'article sur la biographie Jean Zay : L'inconnu de la République d'Olivier Loubes.
