Le suspect de l'agression est lui-même un élu. L'homme placé en garde à vue ce samedi matin et soupçonné de s'en être pris jeudi à Nathalie Kosciusko-Morizet, alors qu'elle tractait sur un marché du Ve arrondissement, s'appelle Vincent Debraize, a-t-on appris de source proche du dossier. Il est maire sans étiquette du petit village normand de Champignolles, dans l'Eure,

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Agé de 55 ans, l'homme avait été réélu dans la commune en 2014. Cette année, il avait parrainé la candidature d'Henri Guaino en vue de l'élection présidentielle.

Ce dernier s'est présenté face à NKM dans la 2e circonscription de Paris pour les élections législatives. Eliminé au premier tour, il a annoncé son retrait de la vie politique et dénoncé un électorat "à vomir", fustigeant "les bobos d'un côté" et la "bourgeoisie traditionnelle de droite", de l'autre.

Le suspect confronté à l'ex-ministre

Selon le quotidien régional Paris Normandie, Vincent Debraize avait adressé une pétition à Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, pour dénoncer l'insécurité dans sa commune, après un cambriolage. Toujours selon le quotidien, l'élu travaille pour une agence de communication à Paris, en parallèle de ses activités de maire.

Le suspect a été confronté à l'ex-ministre dans l'après-midi "mais il nie les faits", a déclaré à l'AFP Xavier Autain, l'avocat de NKM. "C'est un monsieur qui cherche visiblement de la publicité, qui est violent et pas très courageux. Il ne reconnaît pas les faits et s'est enfui sitôt son forfait accompli, et qui, de toute évidence, vit ça très bien", a-t-il ajouté sur BFMTV.

"Bobo de merde"

A la veille du second tour des législatives, l'agresseur présumé de l'ancienne ministre a été interpellé et placé en garde à vue pour "violences volontaires sur personne chargée d'une mission de service public".

Il avait pris la fuite vers le métro le plus proche après avoir pris les tracts des mains de la députée de l'Essonne et candidate LR aux législatives et les lui avoir envoyés au visage, la traitant de "bobo de merde". L'ancienne ministre avait alors perdu connaissance.

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Vincent Debraize, qui s'est lui-même présenté à la police judiciaire de Paris, répondant à la convocation des enquêteurs, a été identifié après des témoignages et grâce à l'exploitation de la vidéosurveillance, selon une source policière citée par l'AFP.