Au-delà du coronavirus, d'autres actualités méritent notre attention en ce lundi 16 mars. L'ex-prêtre Bernard Preynat a été condamné dans l'affaire du diocèse de Lyon. Quatre ans et demi après les attentats du 13 novembre 2015, l'enquête tentaculaire menée par cinq juges d'instruction vient aussi d'atteindre son terme avec le renvoi aux assises de vingt suspects. Et la Cour constitutionnelle russe a donné son accord à la vaste réforme voulue par le président russe Vladimir Poutine, qui lui donnera notamment le droit d'effectuer deux mandats supplémentaires après la fin de l'actuel en 2024. Tour d'horizon de ces trois faits marquant du jour avec L'Express.
L'ex-père Preynat condamné à cinq ans ferme
L'ex-prêtre Bernard Preynat a été condamné ce lundi à cinq ans de prison ferme pour des agressions sexuelles commises dans le passé sur de jeunes scouts du diocèse de Lyon, affaire à l'origine du scandale Barbarin. Cette peine est inférieure aux réquisitions du ministère public qui avait réclamé au moins huit ans de prison pour le prévenu, âgé de 75 ans, lors de son procès en janvier. Bernard Preynat était présent au rendu du délibéré.
À l'audience, la procureure Dominique Sauves avait accusé l'ancien aumônier d'avoir "brisé" les vies de scouts âgés de 7 à 15 ans et de s'être "servi du silence des parents et du silence de l'Église" pour multiplier ses abus à Sainte-Foy-lès-Lyon dans le Rhône et lors de camps à l'étranger entre 1971 et 1991.
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Bernard Preynat, maintenu en fonction par le diocèse de Lyon jusqu'à l'automne 2015 alors que ses agissements étaient connus depuis longtemps, avait demandé pardon aux neuf victimes venues témoigner de leurs souffrances - beaucoup d'autres n'ont pu porter plainte du fait de la prescription - en faisant valoir que depuis 1991, il n'avait plus touché aucun enfant.
Son procès était très attendu depuis l'éclatement de l'affaire fin 2015 après un premier dépôt de plainte qui a éclaboussé toute la hiérarchie catholique à travers le cardinal Philippe Barbarin. Condamné l'an dernier pour ses silences sur l'affaire, l'ancien archevêque de Lyon a depuis été relaxé en appel et a démissionné.
20 personnes renvoyées aux assises, dont Abdeslam, pour les attentats du 13-Novembre
Le 13 novembre 2015, les attentats de Paris et Saint-Denis faisaient 130 morts et 350 blessés. Quatre ans et demi plus tard, l'enquête tentaculaire menée par cinq juges d'instruction vient d'atteindre son terme avec le renvoi aux assises de vingt suspects.
Parmi ces derniers figure notamment le Franco-belge Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos qui ont frappé des terrasses de bar et la salle de spectacle du Bataclan au coeur de la capitale, ainsi que les abords du Stade de France, lors de ces attaques revendiquées par l'organisation État islamique (EI).
Cette ordonnance de mise en accusation, un document de 348 pages hors annexes signé le 16 mars dont les conclusions ont été dévoilées par un communiqué du parquet national antiterroriste (Pnat), suit les réquisitions de celui-ci, formulées fin novembre. Elle est encore susceptible de faire l'objet d'un appel, ce qui ne devrait pas retarder le procès.
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Celui-ci est prévu pour démarrer en janvier 2021 et durer six mois. Des travaux ont d'ailleurs déjà commencé au coeur de l'historique palais de justice de Paris, situé sur l'île de la Cité, afin de construire une salle d'audience suffisamment grande et sécurisée pour accueillir les débats. En plus des accusés, plus de 1750 parties civiles, ainsi que des centaines d'avocats et de journalistes, sont attendus.
Quatorze des suspects sont aujourd'hui aux mains de la justice française ou de son homologue belge dans ce dossier, dont des logisticiens, convoyeurs et intermédiaires présumés. Onze d'entre eux sont placés en détention provisoire et les trois autres sous contrôle judiciaire. Six autres personnes sont visées par un mandat d'arrêt, dont un homme détenu en Turquie, Ahmed Dahmani. La plupart des cinq autres suspects sont présumés morts en zone irako-syrienne mais, faute de certitude sur leur sort, ils seront tout de même jugés.
Poutine président jusqu'en 2036 ? La réforme approuvée par la Cour constitutionnelle
La Cour constitutionnelle russe a donné son accord ce lundi à la vaste réforme voulue par le président Vladimir Poutine qui lui donnera notamment le droit d'effectuer deux mandats supplémentaires après la fin de l'actuel en 2024.
La juridiction a publié sur son site internet l'arrêt dans lequel elle estime que le projet de réforme est bien conforme à la législation. La Cour ajoute avoir adressé cette décision au Kremlin.
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Le texte doit encore être définitivement approuvé lors d'un "vote populaire" prévu le 22 avril. Malgré les inquiétudes liées à la pandémie de coronavirus, cette date est pour l'instant maintenue.
Vladimir Poutine avait signé samedi cette vaste réforme constitutionnelle qui, grâce à un amendement ajouté à la surprise générale quelques jours avant et vivement dénoncé par l'opposition, pourrait permettre au président russe de rester au pouvoir jusqu'en 2036.
L'amendement en question permettra à Vladimir Poutine de remettre à zéro le nombre de ses mandats présidentiels, alors que la loi russe interdit au président d'effectuer plus de deux mandats consécutifs.
