Maillon devenu indispensable dans la chaîne de soins en France, SOS Médecins veut faire entendre ses revendications. Pour cela, l'association arrête toute activité ce lundi, jusqu'à mardi 8 heures.

Elle souhaite ainsi alerter sur la possible disparition à l'avenir de la consultation à domicile et des conséquences que cela pourrait avoir, car ces visites participent au désengorgement des services d'urgence. "Nous souhaitons absolument faire revaloriser la visite", expliquait début septembre le Dr Jean-Christophe Masseron, président de SOS Médecins France, lors d'une conférence de presse. Car malgré ses réclamations, le tarif des visites à domicile n'a pas augmenté depuis des années. Fixée à 35 euros, cette consultation à domicile ne coûte que 3,50 euros de plus qu'une consultation en cabinet.

Un courrier a même été envoyé le 6 août dernier à la présidence de la République, interrogeant ce refus de revaloriser la visite à domicile : "Est-ce une attaque délibérée contre SOS Médecins ? Est-ce une ignorance de notre pratique ? Est-ce parce que nous n'avons pas de représentation syndicale spécifique ?"

24 heures sans activité

Décidés à obtenir gain de cause, les médecins libéraux de l'association ont annoncé dimanche un "arrêt total" de toutes leurs activités (visite à domicile, consultation, centre de régulation téléconsultation) pendant 24 heures à partir de ce lundi 8 heures., à partir de 08H00 lundi et jusqu'à 08H00 mardi, a indiqué l'association. Cette grève peut être renouvelable, avait averti l'association au début du mois.

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Des "actions locales" sont en outre envisagées, à l'initiative des 63 associations SOS Médecins présentes en métropole et en outre-mer. Ce qui pourrait se traduire par un "arrêt des visites institutionnelles" dans les Ehpad, en garde à vue, à la demande du Samu ou encore pour les certificats de décès.

Au niveau national, SOS Médecins se réserve également "la possibilité de suspendre les remontées de données à Santé publique France", en particulier dans le cadre du suivi de l'épidémie de Covid-19.

Un accord pour les médecins traitants

L'association est très remontée contre le dernier accord signé fin juillet par les syndicats de médecins libéraux et l'Assurance maladie, qui étend la "visite longue" (70 euros) mais seulement au profit des médecins traitants qui se déplacent chez leurs propres patients. "Ça exclut totalement notre activité", déplore Jean-Christophe Masseron, qui revendique un tarif minimal de 57,60 euros (hors majorations de soir et de week-end), sur le modèle de la visite urgente en Ehpad créée au début de l'épidémie de Covid-19 et supprimée depuis.

"La conséquence principale de cette dévalorisation de la visite est un désengagement croissant des médecins généralistes de cette pratique, déplore la fédération, pour qui la visite à domicile est en danger". "Si on n'a pas d'attractivité, nous, SOS Médecins, le risque à terme, c'est qu'on n'intègre plus de médecins, et qu'on arrive plus à soigner donc qu'on ne fasse plus notre travail", expique Cyrille Chaugne. Créée en 1966, l'association regroupe à ce jour 1300 médecins généralistes, qui effectuent environ 3 millions de visites à domicile chaque année.