Suspendue au tout début de l'épidémie pour des questions sanitaires, la vente de tickets de transport à l'unité doit à nouveau être possible dans les bus parisiens. Les syndicats des chauffeurs de bus, eux, s'y opposent. La CGT a lancé un appel à la grève pour ce lundi, informe Le Parisien.
Dans un tract, l'organisation dénonce le choix donné aux chauffeurs, celui de "crever du Covid ou du froid". La RATP entend retirer les Plexigas de protection à l'avant des bus dans le but de faciliter la transaction, et demande à ses employés de bien aérer la cabine de conduite, afin de limiter les risques de contamination.
"Rien n'a changé. C'est même pire, avec les variants qui sont plus contagieux. On ne comprend pas", déplore Ahmed, de la CGT, au journal. Il s'agit d'une "obligation contractuelle", défend la RATP, qui souhaite par ailleurs "revenir aux rituels d'accueil et d'information des clients". Au niveau sanitaire, des "mesures renforcées de nettoyage" ont lieu quotidiennement dans les bus, ajoute-t-elle.
La vente de tickets s'effectue majoritairement sur des bornes de la RATP, sur son appli smartphone ou par SMS. En temps normal, seuls 2% des titres de transport sont vendus par les conducteurs.
L'inspection du travail avec les chauffeurs
Les chauffeurs peuvent compter sur le soutien de l'inspection du travail. Dans un courrier datant du 8 février dernier, celle-ci juge la reprise de la vente de tickets dans les transports "incompréhensible puisqu'elle est de nature à exposer les conducteurs à un risque de contamination augmenté", révèle également Le Parisien.
Fin septembre 2020, les médecins du travail avaient déjà déconseillé la reprise de la pratique. Et même la pratique tout court. Au-delà des risques de transmission du Covid-19, ces derniers pointaient du doigt les "accidents de travail par chute en montant/descendant du poste de conduite, les troubles musculo-squelettiques lors de la manipulation répétée du frein de parc sur certains matériels", ainsi que "les risques d'agression du fait de l'immobilisation du bus au moment des transactions et de l'augmentation inévitable du temps de trajet".
