Vers un "geste de reconnaissance financière" des traumatismes vécus par les victimes de pédocriminalité dans l'Église catholique ? C'est le projet sur lequel les évêques de France vont avoir à se prononcer lors de leur assemblée plénière en novembre. Il s'agit de l'un des quatre axes de travail mis en place à l'automne 2018 par l'épiscopat dans sa lutte contre la pédophilie.
En avril, le nouveau président de la Conférence des évêques (CEF), Éric de Moulins-Beaufort, avait dit espérer que l'Église serait "capable de proposer un geste financier aux victimes", via un "dispositif opérationnel" en novembre prochain.
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La proposition d'un "geste de reconnaissance financière de la souffrance vécue" sera donc soumise, le 9 novembre, au vote des 120 évêques réunis à Lourdes pour leur rencontre bisannuelle, selon la CEF. "Il ne s'agira pas d'une indemnité. Cela pourrait plutôt prendre la forme d'un forfait", a-t-on encore indiqué.
La question du financement de ce geste sera aussi posée. Un ou deux fonds sont évoqués par l'épiscopat : "Un fonds interne de 5 millions d'euros, dédié à la lutte contre la pédophilie", - il s'agit du fonds qui finance, entre autres, les travaux de la Commission indépendante de Jean-Marc Sauvé - ; et un "fonds de dotation, externe", dont l'alimentation reste à préciser.
Réunions de travail avec les victimes
Neuf réunions de travail, dont certaines avec un groupe de victimes, ont eu lieu pour avancer sur cette question, liée à trois autres chantiers : le travail de mémoire auprès des victimes, la prévention des actes pédo-criminels, et enfin le suivi des prêtres coupables. Les mesures de réparation financière sont des demandes fortes des associations de victimes, d'autant plus lorsque les faits sont prescrits.
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À l'automne dernier, les évêques avaient donné leur feu vert à la création d'une Commission indépendante chargée de faire la lumière sur les abus sexuels dans l'Église depuis les années 1950. Elle est présidée par l'ancien vice-président du Conseil d'État Jean-Marc Sauvé, qui viendra exposer l'avancement de ses travaux à Lourdes devant les évêques le 7 novembre.
Début octobre à Lyon, des victimes de Bernard Preynat, prêtre défroqué en juillet à l'issue de son procès canonique [procès interne à l'Église] pour agressions sexuelles, ont demandé au Vatican de reconnaître la responsabilité du diocèse de Lyon dans cette affaire, afin d'obtenir des réparations financières, le père Preynat étant insolvable.