C'est la dernière phase de la délicate opération de démontage de l'échafaudage de la flèche de Notre-Dame de Paris, déformé par la chaleur de l'incendie. Elle commence ce lundi, comme l'a annoncé dimanche l'établissement public chargé de la restauration de la cathédrale.

"La flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris était en restauration lors de l'incendie du 15 avril 2019. L'échafaudage installé pour cette opération a résisté à l'effondrement de la flèche mais il a été déformé par la chaleur de l'incendie", rappelle l'établissement public dans un communiqué. L'Express fait le point sur ce chantier titanesque, digne d'un jeu de mikado, et longuement préparé.

À quoi ressemble l'échafaudage ?

Cet échafaudage de 200 tonnes, constitué de 40 000 pièces, "dont la moitié se trouve à plus de 40 mètres de haut", a dans un premier temps été "consolidé puis ceinturé de poutres métalliques sur trois niveaux afin de le stabiliser et d'empêcher tout risque d'écroulement". Comme le rappelle Le Figaro, deux ascenseurs avaient en outre été installés de part et d'autre de l'échafaudage pour monter les matériaux.

Un second échafaudage, plus haut que l'ancien, a été mis en place et à partir de lundi, "deux équipes en alternance de cinq cordistes descendront au plus près des parties calcinées pour découper, à l'aide de scies sabres, les tubes métalliques fondus les uns sur les autres". Ces deux équipes seront évacuées avec une grue de 80 mètres, installée en janvier dernier. Comme le précise Le Figaro, les tubes devront être mis dans des containers spéciaux, une fois démontés. Des filets ont en outre été tendus sur trois niveaux afin de parer aux chutes, précise Le Parisien. Et, par laser, le moindre mouvement de la voute sera scruté pour dépister toute fragilité, mentionne LCI.

Pourquoi le chantier a-t-il été retardé ?

"Cette opération se déroulera tout au long de l'été", précise dans le communiqué l'établissement public chargé de la restauration de la cathédrale. Et peut-être plus longtemps, si tout ne se passe pas comme prévu, car au-delà de 40 km/h de vent, les nacelles sont en effet arrêtées.

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Juste après l'incendie, qui avait suscité une émotion mondiale, Emmanuel Macron avait souhaité une reconstruction en cinq ans du joyau gothique. Mais le chantier a toutefois connu des aléas. Il avait été retardé durant l'été par des mesures contre la contamination au plomb. Puis à l'automne et à l'hiver, les intempéries ont bloqué les travaux, chaque fois notamment que les vents soufflaient à plus 40 km/h.

Et au printemps, le coronavirus a plongé le chantier dans le sommeil. Il a repris progressivement fin avril. Le parvis de la cathédrale a lui été ouvert le 31 mai. Après l'incendie, le parvis et la rue du Parvis avaient été fermés immédiatement en raison de la pollution au plomb. Après un avis favorable de l'Agence régionale de Santé d'Ile-de-France, le préfet de police de Paris avait autorisé la réouverture des deux lieux.

Quelle forme finale pourrait avoir la flèche ?

Beaucoup d'inconnues persistent sur la forme finale de la flèche, qui s'est effondrée pendant l'incendie. La question divise les amoureux de ce symbole national et religieux : faut-il reconstruire à l'identique la flèche de Viollet-Le-Duc, ou concevoir un "geste architectural contemporain", comme l'a évoqué le président de la République, au risque de se mettre en infraction avec l'Unesco ?

Certains ont proposé une flèche en verre, ou de créer sur le toit un parc-jardin bio, voire une terrasse panoramique pour les touristes. L'architecte Philippe Villeneuve plaide la fidélité à l'ouvrage génialement retouché dans le style gothique par Viollet-le-Duc, dont sont conservés tous les plans. Il a estimé qu'une reconstruction à l'identique permettrait mieux de tenir les délais.