C'est "un problème social et de santé publique ! Au même titre que la sécurité routière", selon Caroline de Haas. Le collectif NousToutes a réalisé une enquête sur la notion de consentement avec un appel à témoignages qui a engendré 100 000 réponses en dix jours, révèle Le Parisien ce mardi.

Ces réponses - données pour 75% par des femmes de moins de 35 ans - mettent en lumière que "le consentement est un apprentissage du oui, du non, de la frustration, du désir de l'autre", commente Caroline de Haas.

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Ainsi, 90% d'entre elles disent avoir déjà fait l'expérience d'une pression d'un partenaire pour avoir un rapport sexuel, et dans 88% des cas, plusieurs fois. 70% répondent par ailleurs avoir déjà "eu l'impression d'avoir des rapports sexuels, sans pression du partenaire, alors qu'elles n'en avaient pas envie".

"Un sujet majeur pour l'égalité"

Une femme sur six affirme d'autre part être entrée dans la sexualité par un rapport non consenti ou désiré. Elles sont 81,2% parmi les participantes à avoir déjà été confrontées à des faits de violences psychologiques, physiques ou sexuelles au cours de rapports sexuels.

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Pourtant, seules 12,7% affirment avoir eu des cours ou l'intervention d'associations à l'école, collège ou lycée pour aborder cette notion de consentement. "Cette enquête sur le consentement a plusieurs objectifs : créer un débat collectif, inciter à la réflexion individuelle et réclamer au gouvernement une vaste étude sur ce thème, au-delà des jeunes qui nous ont répondu majoritairement", explique Caroline de Haas au Parisien.

Elle ajoute que "cette question doit être intégrée dans les programmes scolaires". "C'est prévu par la loi, mais c'est loin d'être le cas, regrette-t-elle. Le consentement est un apprentissage du oui, du non,de la frustration, du désir de l'autre. Il faut en parler ! C'est un sujet majeur pour l'égalité".