Après Laurence Rossignol, Plantu et Pierre Bergé, c'est au tour d'Elisabeth Badinter de critiquer les marques de vêtement qui lancent des collections de vêtements religieux pour les musulmanes. La philosophe féministe appelle même ce samedi dans une interview au Monde à boycotter ces marques, parmi elles H&M et Dolce & Gabbana.
LIRE AUSSI >> Mode et islam: comment concilier style et religion?
Interrogée sur la fin de l'universalisme, l'islamophobie, mais aussi sur le parallèle entre les femmes voilées et les "nègres américains qui soutenaient l'esclavage" fait par la ministre des droits des femmes Laurence Rossignol, Elisabeth Badinter a déploré un "mot malheureux", tout en rejoignant sa position. "Je pense même que les femmes doivent appeler au boycott de ces enseignes" propose-t-elle.
Indignation en série contre la mode islamique
Objet de sa colère, les marques comme Dolce et Gabbana, qui a lancé une collection de hijabs et d'abayas, ou H&M, qui a fait figurer une femme vêtue d'un hijab dans l'une de ses publicités. "Nous voulons que notre publicité inspire le plus de gens possibles et nous ciblons un groupe aussi large que diversifié" expliquait alors la marque H&M dans un communiqué.
Peu convaincue par cet esprit d'ouverture teinté d'opportunisme économique, Laurence Rossignol avait estimé mercredi face à Jean-Jacques Bourdin que ces marques étaient "irresponsables" et faisaient "d'un certain point de vue la promotion de l'enfermement du corps des femmes". Le même jour, le dessinateur Plantu, connu des lecteurs du Monde et de L'Express, choquait en montrant une femme voilée qui se demandait quand allait sortir la "fashion-ceinture" explosive. Le président de la Fondation Bergé/Saint Laurent, Pierre Bergé, appelait lui les créateurs à "renoncer au fric" et à "ne pas enfermer les femmes dans des voiles".
