Alors que débute ce mardi la 32e campagne d'hiver des Restos du coeur, les chiffres communiqués par l'association sur son action restent impressionnants. Depuis leur création en 1985 sur une "petite idée" de Coluche, plus de deux milliards de repas ont été servis et les besoins ne faiblissent pas.

"En ce moment, on a beaucoup d'inscriptions. Nous allons sûrement atteindre les mêmes niveaux que l'an dernier avec près de 930 000 personnes accueillies en hiver", a expliqué le président de l'association, Patrice Blanc.

Patrice Blanc, president of French charitable organisation Les Restos du coeur (L) speaks with French junior minister for Disabled People and the Fight Against Exclusion Segolene Neuville during the the launch of the organisation's 32nd campaign on November 22, 2016 in Paris. 
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Patrice Blanc, président de l'association Restos du coeur, échange ce mardi avec la secrétaire d'Etat chargée de la Lutte contre l'exclusion, Ségolène Neuville.

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On est loin des 70 000 personnes accueillies la première année.

Gaspillage alimentaire et grandes surfaces

L'hiver dernier, 132,5 millions de repas avaient été distribués dans les 2 112 centres et antennes des Restos. Mères célibataires, étrangers sans ressources, étudiants sans le sou, retraités... "L'accueil est inconditionnel", insiste le président de l'association: "nous ne portons aucun jugement sur les personnes qui frappent à notre porte. On les accueille comme elles sont et on ne leur demande pas de payer quoi que ce soit". Pour bénéficier de l'aide alimentaire tout l'hiver, il faut cependant justifier de ses ressources et de ses dépenses.

Face à l'ampleur des besoins, les Restos sont en recherche perpétuelle de nouvelles sources d'approvisionnement. L'an dernier, les dons des entreprises et des producteurs agricoles et la collecte nationale ont permis de récolter 43 000 tonnes de denrées, soit 40% des volumes distribués.

Les Restos attendent avec impatience l'entrée en vigueur de la loi Garot contre le gaspillage alimentaire, qui rend obligatoire la mise en place de conventions de don entre les grandes surfaces de plus de 400 m2 et les associations d'aide alimentaire habilitées.

"Son application est prévue en février 2017, le décret n'est pas encore sorti. Il faut qu'il soit très clair pour garantir des dons de qualité", plaide Patrice Blanc. "Il faut que ce soit les grandes surfaces qui fassent le tri et qu'elles ne nous donnent que des produits qu'on puisse redistribuer, par exemple des produits frais au moins 48 heures avant la date limite de consommation. Il ne faut pas qu'on soit une poubelle", explique-t-il.

"Les besoins sont là"

L'association peut aussi compter sur la générosité publique: le montant des dons a atteint 81,3 millions d'euros en 2015, soit la moitié des ressources des Restos. Le traditionnel concert des Enfoirés et les ventes de CD et DVD financent 11% du budget, le reste étant apporté par des subventions.

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Ouverture de la saison des Restaurants du coeur rue Dabray. 
Seuls sont floutés les bénéficiaires. (MaxPPP TagID: maxmatinnews331391.jpg) [Photo via MaxPPP]

Le regroupement d'artistes "Les Enfoirés" apporte au global 11% du budget des Restos du coeur.

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Outre les distributions alimentaires, l'association aide à l'hébergement et au logement, offre des cours de français, de l'accompagnement aux devoirs ou à la recherche d'emploi...

A woman get registered at French charitable organisation 'Les Restos du Coeur' at the start of the organisation's winter campaign, on November 21, 2016 in Tours.  / AFP PHOTO / GUILLAUME SOUVANT

Une femme s'enregistre aux Restos du coeur de Tours, le 21 novembre dernier.

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A cinq mois de la présidentielle, le président des Restos attend que les candidats détaillent leur programme de lutte contre la pauvreté et s'engagent à "maintenir ou à renégocier à la hausse" le budget du Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD), opérationnel depuis 2014, car les 71 000 bénévoles de l'association le constatent chaque jour: "Les besoins sont là".