La crise sanitaire aura largement bousculé le monde du travail. Devenu une obligation pendant le premier confinement, le télétravail s'est peu à peu démocratisé, alors qu'il n'était jusqu'alors qu'une option dans certaines entreprises. Pour autant, le 7e baromètre Paris Workplace, réalisé en partenariat avec l'Ifop sur un échantillon de 3000 personnes travaillant dans un bureau à Paris, révèle que le lieu de travail reste un besoin essentiel pour la majorité des salariés, et ce, même après le confinement.
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Car la particularité de l'étude est d'avoir interrogé 1500 salariés avant le premier confinement survenu au printemps, puis 1500 autres après. Si les habitudes des salariés ont été durablement modifiées, ces derniers ne comptent par pour autant abandonner leur lieu de travail. 63% des personnes interrogées souhaitent travailler la majorité de leur temps au bureau. Seuls 8% veulent uniquement télétravailler et ne plus revenir au bureau.
La demande de télétravail a peu évolué
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la demande de télétravail n'a pas beaucoup changé, elle a même diminué. 86% des personnes interrogées souhaitent désormais pouvoir télétravailler au moins un jour par semaine, contre 87% avant le confinement. En revanche, le nombre de jours idéalement souhaités a évolué : 1,4 avant le confinement et 2,1 après. Paradoxalement, 76% des salariés estiment que "dans peu de temps les salariés travailleront davantage en télétravail qu'au bureau". Pour autant, seuls 37% d'entre eux veulent travailler davantage à distance.
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Plusieurs raisons expliquent cet attachement au bureau. Pour 55% des salariés, "la vie sociale avec les collèges" est le premier argument invoqué. Et le confinement a largement renforcé cette position : la proportion est maintenant de 55% après un gain de 8 points en l'espace de huit mois. Ce constat est d'autant plus renforcé chez les jeunes de moins de 30 ans qui assurent en majorité que leurs collègues "sont aussi des amis". En revanche, ce lien social avec ses voisins de bureau est moins fort chez les plus de 50 ans.
La vie sociale en entreprise prime
Pendant le confinement, les salariés ont également dû apprendre à utiliser des outils de visioconférence qui étaient jusqu'à présent réservés à des échanges avec des clients ou des collègues à l'étranger. Mais cette façon de fonctionner a montré ses limites. 83% des salariés préfèrent privilégier les échanges en physique plutôt qu'en visioconférence, par mail ou par téléphone.
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Le télétravail peut aussi avoir des conséquences sur la santé mentale des salariés. 60% des personnes interrogées qui sont des télétravailleurs réguliers (avant le confinement) affirment se sentir "seul ou isolé" tous les jours ou presque. 24% d'entre eux confient même une peur d'être licenciés, contre 15% pour les personnes qui pratiquent rarement le télétravail.
