Dans le sillage des accusations portées contre le politologue Olivier Duhamel ou encore l'acteur Richard Berry, le producteur de télévision Gérard Louvin est également cité dans une affaire d'inceste après une plainte de son neveu, Olivier A., déposée début janvier. Ce dernier accuse son oncle d'avoir "favorisé" des viols incestueux commis par son mari, l'auteur-compositeur Daniel Moyne, il y a plus de trente ans.

En conséquence, une enquête pour "viols sur mineurs" et "complicité de viols sur mineurs" a été ouverte le 21 janvier contre Gérard Louvin et son mari, a révélé ce mardi le parquet de Paris. Gérard Louvin est également visé par deux autres plaintes émanant de deux autres personnes le 28 janvier, dénonçant respectivement des faits de viol sur mineur de 15 ans et d'agression sexuelle. Elles ont été jointes à l'enquête initiale. Olivier A. a par ailleurs déposé le 3 février un complément de plainte dénonçant des faits d'agression sexuelle, également joint à la procédure. Les investigations ont été confiées à la Brigade de protection des mineurs.

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Au total, quatre nouvelles plaintes - en plus de celle d'Olivier A. - ont été déposées auprès du parquet de Paris entre fin janvier et début février pour des "viols" et "agressions sexuelles" visant le couple formé par Gérard Louvin et Daniel Moyne, a déclaré l'avocat des plaignants, Me Pierre Debuisson, confirmant une information du journal Le Monde. L'avocat affirme avoir été contacté "par une dizaine de victimes" et que d'autres plaintes suivront. Les faits dénoncés, qui se seraient produits dans les années 1980 et 1990, "semblent prescrits", a-t-il reconnu.

"Relents homophobes"

En réaction aux nouvelles accusations dont ils font l'objet, Gérard Louvin et Daniel Moyne ont annoncé mardi une "plainte pour le chantage dont ils sont victimes" auprès du parquet de Paris. "Ces délations sont indécentes pour les vraies victimes d'agressions sexuelles", assurent-ils également dans un communiqué.

Selon leurs avocats Christophe Ayela et Céline Bekerman, "ils démentent fermement les accusations opportunistes" et "déplorent un imbroglio confus sous couvert d'anonymat, où sont entremêlés des contre-vérités, des poncifs sur le show-business et des relents homophobes qui n'échapperont à personne".

Selon le parquet de Paris, une enquête préliminaire concernant les faits dénoncés par Olivier A. avait été ouverte avant d'être classée sans suite en 2016 pour cause de prescription.

Le couple avait auparavant fait l'objet d'investigations faisant suite "à un signalement concernant (leur) fils adoptif". Selon une source judiciaire, une information judiciaire avait été ouverte concernant ces allégations en juillet 2013, avant d'aboutir à une ordonnance de non-lieu en juillet 2015.