Ses mots étaient très attendus. Au dernier jour d'un sommet de l'Eglise catholique consacré aux agressions sexuelles perpétrées sur des mineurs, le pape François a comparé lesdites agressions aux "sacrifices païens".

"Cela me rappelle la pratique religieuse cruelle, répandue par le passé dans certaines cultures, qui consistait à offrir des êtres humains - spécialement des enfants - en sacrifice dans les rites païens", a déclaré le pape.

"Un instrument de Satan"

Le souverain pontife argentin a beaucoup insisté aussi sur la présence du "mal", au moment d'évoquer la question des abus sexuels sur les plus jeunes.

"L'inhumanité du phénomène au niveau mondial devient encore plus grave et plus scandaleuse dans l'Église, parce qu'en contradiction avec son autorité morale et sa crédibilité éthique. La personne consacrée, choisie par Dieu pour guider les âmes vers le salut, se laisse asservir par sa propre fragilité humaine, ou sa propre maladie, devenant ainsi un instrument de Satan", a-t-il martelé.

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Le pape François est même allé plus loin, indiquant que "dans les abus, nous voyons la main du mal qui n'épargne même pas l'innocence des enfants".

"Un problème qui existe presque partout"

La veille, le cardinal allemand Reinhard Marx, proche conseiller du souverain pontife, a admis que l'Eglise catholique a, par le passé, détruit des dossiers sur des auteurs d'abus sexuels commis dans ses rangs.

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"L'administration n'a pas contribué à accomplir la mission de l'Eglise mais, au contraire, elle l'a voilée, discréditée et rendue impossible. Des dossiers qui auraient pu documenter ces actes terribles et indiquer le nom des responsables ont été détruits ou n'ont pas même été constitués",a ajouté celui qui est aussi le président de la conférence épiscopale allemande.

Ce discours a également consacré un long développement aux statistiques disponibles sur les abus sexuels perpétrés dans le monde dans toutes les sphères de la société, notamment dans les familles, les écoles et les milieux sportifs. "Nous sommes, donc, devant un problème universel et transversal qui, malheureusement, existe presque partout", a insisté le pape. Mais ses propositions de mesures concrètes pour résoudre le problème se font attendre.