Quinze minutes. C'est le temps qu'il a fallu à la justice pour ordonner, mardi, la confiscation du drone piloté la semaine dernière par un journaliste de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera, au-dessus du bois de Boulogne. Utilisé le 25 février à Paris sans autorisation spéciale, ce qui est interdit, l'engin était censé permettre la prise d'images inédites de la capitale pour un reportage.

>> Lire: Sécurité, vie privée, législation: les drones, une menace?

Il aura finalement coûté 1000¤ à son pilote. Lors d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPR), aussi appelée procédure de "plaider coupable", le journaliste britannique Tristan Redman, 34 ans, s'est ainsi vu infliger une amende, homologuée mardi par la magistrate du palais de justice de Paris.

"Il faut quand même vraiment arrêter"

Ce dernier, qui s'est refusé à tout commentaire, avait été interpellé au moment où la police française tentait d'éclaircir le survol, deux nuits de suite, de la capitale par des drones. Il faisait partie d'une équipe qui réalisait un reportage pour illustrer cette affaire, objet d'une enquête judiciaire et qui a connu un écho médiatique international.

>> Lire: Intercepter un drone? "Moins évident que d'arrêter une voiture"

"Les moyens mis en oeuvre sont disproportionnés. Certes, dans le contexte actuel, les gens sont à cran. Mais ce ne sont que des journalistes qui ont voulu faire leur travail", a commenté son avocat, Me Francis Szpiner. "Il faut quand même vraiment arrêter", a de son côté dit au journaliste la magistrate qui a validé la peine. "Sur une première infraction, ça ira, après ça va être un petit peu plus difficile", a-t-elle mis en garde.