Accusé d'avoir agressé deux gendarmes lors de l'acte 8 des gilets jaunes le 5 janvier dernier, Christophe Dettinger est toujours incarcéré. Surnommé le "Gitan de Massy", l'ancien boxeur attend désormais son procès, prévu le 13 février prochain. Discrète, son épouse Karine Dettinger a cependant accordé en exclusivité une interview à France 3, le 4 février.

Ce qu'a dit Emmanuel Macron est "humiliant"

Ce qui l'a particulièrement décidée à s'exprimer ? Les récents propos d'Emmanuel Macron, tenus jeudi 31 janvier face à des journalistes. "Le boxeur, la vidéo [ci-dessous] qu'il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d'extrême gauche. Ça se voit !, a assuré le président français. Le type, il n'a pas les mots d'un Gitan. Il n'a pas les mots d'un boxeur gitan."

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Des mots qui ont provoqué la colère de son épouse. "C'est humiliant, complètement humiliant... Mon mari, il a fait des études. Il est responsable, on paie des impôts, on est Français, on est des citoyens honnêtes et on nous rabaisse. On est anéanti avec mes enfants. Mon mari ne mérite pas sa place en prison." Son avocate l'appuie et évoque "un mépris de classe." "Un boxeur, ça n'a pas de cerveau, donc nécessairement c'est son avocat qui lui a soufflé, ironise maître Laurence Léger. On l'attaque comme homme du peuple, comme homme qui serait incapable de structurer sa pensée."

"Il a vu une injustice devant lui"

Karine Dettinger l'assure : si son mari a réagi pendant cet acte 8, c'est qu'il a été témoin de violences. "Il fallait que je me sauve de ce pont pour pouvoir respirer. Et, donc, je perds mon mari de vue, se remémore-t-elle. Je ne sais pas ce qu'il se passe, je le revois au bout d'un quart d'heure. Il revient vers moi, je lui demande si ça va et il me dit : 'oui, ça va, mais je viens de faire une bêtise, je viens de taper deux flics. [...] Si mon mari a réagi comme ça, c'est qu'il a vu une injustice devant lui, il a vu une femme matraquée au sol."

Face aux caméras de France 3, Karine Dettinger assure que son époux n'a aucune haine de l'uniforme. Pour preuve, "il a voulu être gendarme réserviste", annonce-t-elle, document à l'appui, versé au dossier, que la chaîne a pu consulter.

Christophe Dettinger, 37 ans, fonctionnaire territorial dans une mairie de l'Essonne, avait confié ses regrets le 9 janvier dernier, lors de son placement en détention. "Je regrette mes actes, avait-il déclaré. [...] Quand je vois ces images, je ne suis pas fier de moi." Une jeune femme avait par ailleurs confirmé avoir été défendue par l'ancien boxeur au micro de la radio RTL. "J'étais déjà au sol, en boule, et Christophe Dettinger est venu et a pris le CRS qui était en train de me frapper et l'a enlevé", avait-elle expliqué, avant de porter plainte pour violences dans un commissariat du 12e arrondissement parisien, espérant pouvoir ainsi aider ce père de trois enfants, au casier judiciaire vierge.