Le tribunal administratif a condamné le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges (Haute-Vienne) après une erreur de calcul lors d'un dépistage prénatal de la trisomie 21, rapporte France 3 Nouvelle Aquitaine ce jeudi.

Les parents de la petite Maylis, porteuse du chromosome supplémentaire responsable de la trisomie 21, n'ont eu ni la possibilité "d'exercer [leur] choix de recourir à une interruption médicale de grossesse", ni celle de "se préparer à l'arrivée d'un bébé atteint de trisomie 21", a estimé le tribunal. L'hôpital a donc été condamné à verser 50 000 euros à la mère et 30 000 euros au père.

Impasse sur l'amniocentèse

Car ce n'est qu'a la naissance de son troisième enfant, Maylis, en septembre 2010, que Céline avait découvert que sa fillette était atteinte de cette malformation congénitale. Or, elle n'avait pas bénéficié de tous les examens prénataux qui auraient pu permettre de le savoir dès le premier trimestre de sa grossesse. En cause, une erreur de calcul.

Comme toutes les futures mamans, Céline avait subi à la fin du premier trimestre un dépistage de la trisomie 21 par les marqueurs sériques, effectué en laboratoire par prise de sang. Les résultats avaient conclu à un risque élevé de trisomie, de l'ordre d'1/150. La jeune femme s'était donc rendue au CHU de Limoges, afin d'y subir une amniocentèse, un examen du liquide amniotique.

Des calculs erronés

Mais à l'hôpital, le médecin avait décidé de procéder à un dernier calcul: celui de la mesure de la clarté nucale du foetus, qui a conclu à risque moins élevé: 1/857. Le praticien a jugé que l'amniocentèse -un examen qui présente des risques de fausse couche- n'était pas nécessaire.

Or, ses calculs étaient faux. Selon l'expertise ordonnée par la justice, le médecin a intégré les mesures de la clarté nucale alors que celles-ci avaient déjà été prises en compte dans le calcul effectué par le laboratoire. A la barre, le médecin a reconnu son erreur.

Une faute d'autant plus caractérisée que "le compte-rendu du laboratoire mentionne expressément la mesure de clarté nucale", avait estimé le rapporteur public selon le Populaire du Centre. Un argument qui a semble-t-il convaincu le tribunal.