Quelques heures après la sortie en kiosque de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute, le parquet a annoncé qu'il ouvrait une enquête pour injure publique à caractère racial. Il représente à sa Une une photo de la photo de la garde des Sceaux assortie du titre "Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane", en référence aux injures dont elle a fait l'objet ces dernières semaines. Dans ses pages intérieures, le journal file la métaphore en écrivant notamment "ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire la grimace".
Cette enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne.
Minute tiré à 40 000 exemplaires
Cette couverture de l'hebdomadaire d'extrême droite a suscité l'indignation du monde politique, à droite comme à gauche. Dès mardi, Jean-Marc Ayrault avait annoncé qu'il avait saisi le procureur de la République. Manuel Valls a de son côté jugé la Une de l'hebdomadaire "révoltante", "insupportable par la personne qu'elle attaque, Christiane Taubira mais aussi par l'aspect révulsif que cela provoque".
Minute affirme dans cette édition avoir tiré ce numéro à 40 000 exemplaires. Un porte-parole de Presstalis, distributeur de la presse française, a expliqué que seule une décision de justice pouvait bloquer la diffusion d'un journal, et qu'à sa connaissance il n'existait aucune décision de ce type.
