A-t-il tout inventé? Vendredi, le directeur des Restos du coeur de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, avait contacté les pompiers, en faisant état d'une agression à coups de couteau. Il avait déclaré que vers 7h30 ce matin-là, dans le centre de distribution de l'association, un couple avait tenté de lui asséner des coups de hache, qu'il aurait réussi à esquiver, puis des coups de couteau, reçus dans l'abdomen. Ce gérant bénévole né en 1957 avait été hospitalisé, mais son pronostic vital n'était pas engagé et les armes avaient été retrouvées par les enquêteurs.

Des incohérences et aucun témoin

Mais quatre jours plus tard, comme l'ont révélé TF1 et BFMTV, le responsable a été placé en garde à vue mardi pour dénonciation de crime ou délit imaginaire. Il sera jugé le 3 novembre prochain. "L'enquête confiée à la brigade criminelle n'a, en effet, pas permis de confirmer les éléments de son récit de l'agression".

Les enquêteurs ont relevé de nombreuses incohérences dans sa version des faits qui ne les convainc pas. Selon nos informations, son ADN a été retrouvé sur le couteau; sur la hache, seul celui de sa femme est présent. Or, elle n'était "pas censée être là", explique à L'Express une source proche de l'enquête. "Ce qui tend à démontrer que la hache ne vient pas des agresseurs présumés comme il l'avait indiqué."

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Selon celui qui se présente comme une victime, le couple -dont l'homme est décrit "de type africain" et la femme "voilée avec le visage découvert"-, aurait crié "Allah Akbar, chien d'infidèle", avant de prendre la fuite. Problème: aucun témoin n'était présent sur les lieux pour confirmer ses dires, le local étant exceptionnellement fermé ce jour-là. Même à l'extérieur de l'établissement, les ouvriers qui se trouvaient à côté, comme les images de vidéosurveillance, ne permettent pas de conforter la thèse de l'agression. Dès le début de l'affaire, plusieurs sources policières appelaient déjà à la prudence notamment sur la piste terroriste.

Quant à sa blessure à l'abdomen, elle ne permet pas de faire avancer l'enquête dans un sens ou un autre. "On sait d'expérience que c'est très difficile à établir car cette partie du corps est atteignable par lui-même comme par autrui", précise notre source proche de l'enquête.

La victime présumée devenue suspect présumé avait porté plainte en avril dernier pour menaces. Sa garde à vue s'est terminée ce mercredi matin. Il va être présenté à la justice.