Le député LREM de l'Ain Stéphane Trompille a été condamné pour harcèlement sexuel sur une ancienne collaboratrice par le Conseil de prud'hommes de Bourg-en-Bresse. L'homme politique de 37 ans, élu député de la 4e circonscription de l'Ain en 2017, était accusé par cette ex-collègue chargée de sa communication et de ses relations presse.

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Dans son jugement rendu le 20 mai, que l'AFP a pu consulter ce mardi, le Conseil souligne que "sous couvert de plaisanteries de mauvais goût et sexistes", Stéphane Trompille a adopté "un comportement attentatoire à la santé" de cette femme de 31 ans.

Par exemple, le député envoyait des messages à sa collaboratrice en lui demandant : "Tu bosses ou tu te touches là ?" La collaboratrice, seule femme de l'équipe, a souffert d'un "mal-être au travail, accompagné de stress et d'une perte de poids", note le tribunal.

Le licenciement de son ancienne collaboratrice déclaré nul

La jeune femme a sollicité un rendez-vous avec le médecin du travail en janvier 2018, en précisant à Stéphane Trompille que ses conditions de travail lui semblaient inappropriées. En réponse, Stéphane Trompille a déclenché une procédure de licenciement pour insuffisance professionnelle, effective en février 2018. Le Conseil a déclaré nul ce licenciement, soulignant que le député LREM n'a pas "veillé à la protection de la santé de sa salariée" et constatant des faits de harcèlement sexuel.

Pour l'avocate de la plaignante, Me Christine Fauconnet, "ces décisions viennent clore une longue marche pour la reconnaissance des agissements inacceptables et illégaux de Monsieur le député Stéphane Trompille".

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Au total, le conseil a demandé à Stéphane Trompille de verser plus de 20 000 euros à la requérante. Le député a fait appel de la décision. "Il est extrêmement serein quant à la suite qui sera donnée par la justice", a assuré son avocat, Me Éric Dez. Ce dernier a aussi souligné qu'une enquête pénale, déposée à l'initiative de son client, était toujours en cours, Stéphane Trompille contestant la véracité d'un témoignage contenu dans le dossier.

Selon les informations de Libération, le député Marcheur n'est pour le moment pas exclu du groupe LREM à l'Assemblée nationale. "Au stade actuel", le président des députés LREM, Gilles Le Gendre, n'envisage en effet pas de sanction contre l'élu de l'Ain. Des cadres du groupe exigent pourtant son exclusion, relève Libération.