Condamné au civil en janvier, Saïdou a été blanchi par la Cour de cassation mercredi pour ses propos anti "Français de souche". Le rappeur, de son vrai nom Saïd Zouggagh, et le sociologue Saïd Bouamama avaient conjointement publié en 2010 un livre et un single au titre commun, "Nique la France", nés de leur mécontentement face au climat de l'époque.
Les hauts magistrats ont notamment estimé que les propos poursuivis, "pour outranciers, injustes ou vulgairesqu'ils puissent être regardés, entendent dénoncer le racisme prêté à la société française, qu'elle aurait hérité de son passé colonialiste, et s'inscrivent à ce titre dans le contexte d'un débat d'intérêt général", et qu'ils "n'excèdent pas les limites de la liberté d'expression".
Zone d'Expression Prioritaire
Contre l'existence entre 2007 et 2010 du ministère de l'Identité nationale, Saïdou chante avec son groupe Z.E.P (Zone d'Expression Prioritaire) : "Ce que j'en pense, de leur identité nationale, de leur Marianne, de leur drapeau et de leur hymne à deux balles - Je vais pas te faire un dessin, ça risque d'être indécent, de voir comment je me torche avec leur symbole écoeurant". Mais l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif) ne l'entend pas de cette oreille.
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Elle engage des poursuites contre de nombreux passages de la chanson pour injure à caractère racial et provocation à la discrimination envers les "Français de souche". Mais les poursuites échouent, le tribunal correctionnel de Paris comme la cour d'appel jugeant que les "Français de souche" ne constituent pas un groupe de personnes au sens de la loi.
Cour de cassation saisie en 2017
Toutefois, la Cour de cassation, saisie par l'Agrif, estime en 2017 que les propos poursuivis désignent, à travers les références aux symboles de la République, les "personnes appartenant à la nation française". Le rappeur est donc rejugé devant la cour d'appel de Lyon, qui le condamne en janvier à un euro de dommages et intérêts ainsi qu'à payer des frais de justice à l'Agrif.
À son tour Saïdou s'est donc pourvu en cassation, et l'a emporté. Il est donc entièrement blanchi. La Cour de cassation a donc annulé sa peine, sans ordonner la tenue d'un nouveau procès.
