Jawad Bendaoud n'en est pas à sa première danse avec internet. Le " logeur de Daech" avait déjà fait l'objet de détournements sur le web après avoir déclaré qu'il ignorait les activités des personnes qu'il avait logées, les responsables des attentats du 13-Novembre à Paris et Saint-Denis.

Les images de l'annonce du verdict de son procès le 29 mars à Paris n'ont pas défrayé la chronique judiciaire, mais ont fourni aux internautes de la matière pour l'un des passe-temps favori sur le web : le détournement.

"Légendez ceci"

Le 30 mars, un utilisateur de Twitter diffuse sur le réseau social une capture des images de Jawad Bendaoud à son procès. On y voit l'accusé entrer dans la pièce, en regardant la caméra droit dans les yeux, le regard noir, la démarche lourde et assurée de celui qui roule des mécaniques. En accompagnement de la vidéo, la phrase "Caption this" : "légendez ceci".

En une dizaine de jours, le message a été retweeté plus de 15 000 fois et la vidéo en elle-même vue près de 161 millions de fois, devenant ainsi une des vidéos les plus vues de l'histoire du réseau.

Tout autour du globe, on se met à proposer des légendes à cette vidéo, devenue le "Tough Guy Entrance Meme" ("L'entrée du gros dur", en français). Sans pour autant savoir qui se cache derrière le gros dur en question, poussant ainsi le site d'actualités Buzzfeed à publier un article expliquant l'origine du mème.

"Un retournement inouï de nos valeurs"

Certains internautes ont ainsi semblé regretter avoir publié ce contenu, après avoir appris qui était au centre de cette vidéo.

"Maintenant que je le sais, cela rend la vidéo vraiment pire...", a ainsi tweeté une utilisatrice du réseau.

La viralité record de cet extrait n'est pas au goût de tout le monde, et notamment des victimes des attentats du 13-Novembre réunies au sein de Life For Paris.

L'association a ainsi réagi via sa page Facebook, dénonçant le "retournement inouï de nos valeurs, notre société préfère stariser un criminel et un délinquant multirécidiviste qu'éviter de heurter les victimes des pires attentats de notre histoire".