La nomination d'Éric Dupond-Moretti à la tête du ministère de la Justice a beaucoup fait parler et a été vivement critiquée par les associations féministes. De fait, ses interventions sont depuis scrutées de très près. Alors qu'il assurait dimanche soir être "féministe" au 20 heures de France 2, l'ancien ténor du barreau a été interrogé au cours de son audition devant la commission des lois de l'Assemblée nationale sur la question des violences faites aux femmes.
Le député PS Hervé Saulignac a notamment avancé des chiffres qui ont surpris le garde des Sceaux : chaque année "93 000 femmes subissent des viols ou des tentatives de viol. 1000, c'est le nombre de condamnations prononcées chaque année pour ces crimes-là", a énuméré l'élu de l'Ardèche.
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Ce à quoi Eric Dupond Moretti lui a répondu : "Je ne sais pas d'où vous tenez ces chiffres. Je souhaite savoir comment on les obtient, ces chiffres, parce que c'est au fond assez curieux qu'autant de faits aient été avérés sans que des plaintes aient été déposées. Je n'ignore pas qu'un certain nombre de plaintes n'aboutissent pas, c'est une évidence. Ces chiffres-là me paraissent effrayants s'ils correspondent à une réalité, effrayants".
Chiffres issus d'une enquête
Comme le précise franceinfo, les statistiques citées par Hervé Saulignac ont été compilées dans l'étude "Cadre de Vie et Sécurité", conduite par l'Insee, l'ONDRP (Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales) et le SSMSI (Service statistique ministériel de la sécurité intérieure). Il ne s'agit donc pas de chiffres officiels délivrés par le ministère de la justice.
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"Comment peut-on savoir qu'un viol a été perpétré s'il n'y a pas de plainte ?", a notamment ensuite questionné Éric Dupond-Moretti, avant de revenir sur ses propos après la suspension de séance. "J'avais mal compris : c'est 99% des viols supposés commis qui ne font pas l'objet d'une dénonciation", a-t-il précisé. Le ministre a ensuite assuré de toute sa "détermination à mener une lutte sans merci contre ce fléau des violences au sein du couple, particulièrement indigne de notre civilisation".
