Le mandat de Bruno Le Roux à la place Beauvau pourrait être encore plus court que prévu. Une enquête judiciaire visant le ministre de l'Intérieur, nommé à ce poste en décembre 2016 après la nomination de Bernard Cazeneuve à Matignon, a été ouverte ce mardi par le parquet national financier (PNF). Dans un communiqué, la justice précise que les investigations visent les "faits dénoncés" par l'émission de TMC Quotidien.

Lundi soir, les journalistes de l'émission révélaient que Bruno Le Roux avait employé par intermittence ses filles en tant qu'assistantes parlementaires entre 2009 et 2016, lorsqu'il était député PS. Les contrats signés, des CDD d'été la plupart du temps, représentent au total un montant de quelque 55 000 euros. L'émission souligne par ailleurs que certains emplois ont été occupés par les filles du ministre de l'Intérieur alors qu'elles n'avaient que 15 ou 16 ans.

La réalité et la légalité des emplois en question

L'enquête du PNF va désormais s'attacher à vérifier la légalité des contrats et la réalité du travail effectué par les enfants de Bruno Le Roux. Elle a été confiée aux policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), ce même service qui enquête sur l'affaire des emplois présumés fictifs de la famille de François Fillon.

L'enquête a été ouverte sans chefs afin de permettre à la justice de pouvoir caractériser par la suite les infractions visées. "Tout reste encore ouvert. L'enquête est ouverte au sens large", précise une source judiciaire à L'Express. Si l'émission Quotidien n'a pas évoqué directement des emplois fictifs, elle a toutefois mis en lumière plusieurs éléments troublants, comme le fait qu'une des filles de Bruno Le Roux a occupé un emploi d'assistante parlementaire en même qu'elle effectuait un stage pour l'entreprise Yves Rocher, en Belgique, dans le cadre de ses études.

De son côté, l'entourage du ministre de l'Intérieur a assuré auprès de Quotidien que les emplois étaient réels et légaux.