La traque de Salah Abdeslam aurait-elle pu être écourtée? Et si oui les attentat des Bruxelles auraient-ils pu être évités? A la première question au moins, l'hebdomadaire flamand Knackrépond par l'affirmative. Selon ce média, une information potentiellement cruciale dont disposait la police locale de Malines-Willebroek, dans périphérie de Bruxelles, n'est pas remontée jusqu'aux services antiterroristes. La raison: un conflit entre l'inspecteur de police à l'origine du renseignement et son chef, qui n'aurait pas pris au sérieux ses informations.

Dès la fin du mois de novembre 2015, cet inspecteur "expert en radicalisation" aurait précisé qu'Abid Aberkane, un musulman "fortement radicalisé" de Molenbeek, avait eu des contacts avec Salah Abdeslam et son frère Brahim, le terroriste du Comptoir Voltaire, rapporte Le Parisien. Un rapport est rédigé début décembre, mais le chef de la police de Malines ne le transmet pas aux services antiterroristes.

L'information reste quatre mois au placard

Pendant quatre mois, cette information reste inutilisée. Jusqu'au 18 mars dernier, le jour de l'arrestation de Salah Abdeslam, au domicile de... Abid Aberkane. Le fugitif était retranché dans cette planque depuis la fusillade de Forest, dans la banlieue de Bruxelles, trois jours auparavant.

Fin mars, le "comité P", qui contrôle les services de police, a donc ouvert une enquête pour comprendre pourquoi ce rapport d'informations n'a pas immédiatement été introduit dans la banque de données générale de la police, rapporte le site belge du quotidien LaDernière Heure.