La décision du Conseil d'État de maintenir l'autorisation des lanceurs de balles de défense (LBD) a suscité des réactions - évidemment - très différentes dans les deux camps concernés par son usage. Du côté des gilets jaunes, on dénonce une décision "irresponsable". Chez les syndicats policiers, on salue à l'inverse "une sage décision".
"Je suis triste, en colère"
Jérôme Rodrigues, figure des "gilets jaunes" blessée à un oeil samedi dernier, n'a pas caché son incompréhension : "Cette décision me surprend. Je suis quand même le vingtième oeil qui tombe dans ce mouvement. C'est aberrant, incompréhensible", a-t-il commenté.
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"Je suis triste, en colère et dans l'incompréhension. Des gens sont mutilés, on devient des gueules cassées alors qu'on demande un bout de pain. On vient juste revendiquer, dans la patrie des droits de l'Homme, et on reçoit des 'bastos' ? Il y aura d'autres blessés, d'autres vies brisées, c'est irresponsable", a-t-il estimé.
"L'oedème continue de se résorber, a-t-il également ajouté à propos de sa blessure à l'oeil, qu'il impute à l'usage d'un LBD. On m'a confirmé que j'ai perdu l'iris, donc c'est sûr que je ne retrouverai jamais une vue optimale, dans le meilleur des cas",
"Le LBD est une arme non létale"
Le syndicat policier Alliance a en revanche salué le choix du Conseil d'État, estimant que c'était "une "sage décision". "Le LBD est une arme non létale, de défense et sans elle, les casseurs ou manifestants violents se retrouveraient en contact direct avec les policiers engendrant certainement beaucoup plus de risques de blessures de part et d'autre", a indiqué à Frédéric Lagache, le secrétaire général adjoint du premier syndicat chez les gardiens de la paix.
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"Compte tenu de la violence de certains casseurs, on court le risque de voir des fonctionnaires de police contraints d'utiliser leur arme de service en légitime défense", a-t-il ajouté.
La plus haute juridiction administrative avait estimé que "contrairement à ce que les demandeurs affirmaient, l'organisation des opérations de maintien de l'ordre mises en place lors des récentes manifestations ne révélait pas une intention des autorités de ne pas respecter les conditions d'usage, strictes" de ces armes dites de "force intermédiaire".
