Jérôme Rodrigues parle d'un "retour aux sources", un "copier coller du 17 novembre 2018". Ce samedi, après six mois d'absence dans la rue, les gilets jaunes appellent à nouveau à manifester par la voix d'un de leurs leaders historiques. L'objectif reste le même que lors de l'acte 1 : prendre les Champs Elysées. Mais y parviendront-ils alors que le rassemblement est officiellement interdit ? "Il n'y a que la force du nombre qui nous permettra d'[y] accéder, tranche Rodrigues dans un live Facebook. A nous (...) de communiquer. Vous savez ce que vous avez à faire ce jour là."
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Selon nos informations, la préfecture de police de Paris (PP) s'attend pour ce 12 septembre à voir converger de province entre 1000 et 2000 manifestants, auxquels il faut ajouter entre 3000 et 5000 autres venus de Paris et de banlieue. "Dans le lot, les services de renseignements pensent que vont s'agréger des membres de l'ultra gauche, des ultras jaunes et des blacks blocs, commente un responsable policier. Les chiffres annoncés sont plutôt faibles mais leur objectif est de réussir à faire une action visible."
"Les commissariats seront remplis de gilets jaunes"
Visibles, les forces de l'ordre ont donc également prévu de l'être, en déployant notamment un grand nombre de forces mobiles. C'est le cas des fameuses BRAV-M, ces "brigades de répression de l'action violente" créées en mars 2019 par le préfet Didier Lallement. L'idée est d'avoir des unités plus mobiles et donc réactives pour s'adapter aux violences et débordements lors des manifestations. "La grande question est de connaître la part de profils à risques dans les manifestants, poursuit ce gradé de la police. Les services de renseignements de la préfecture de police de Paris jugent la situation relativement inquiétante à ce niveau-là, d'où la forte mobilisation policière". Et d'ironiser : "Au final, on risque d'avoir plus de policiers que de manifestants!"

Jérôme Rodrigues, l'un des leaders du mouvement des gilets jaunes, appelle à un "retour aux sources" dans un live Facebook.
Jérôme Rodrigues, qui appelle à être "pacifiques et responsables", à décider de compliquer leur travail. Mot d'ordre : désobéissance civile. Concrétement, il invite tous les participants du 12 septembre à refuser de montrer leurs cartes d'identité lors de contrôles : "Qu'est-ce que ça va nous coûter? Au bas mot, les mecs vont perdre patience et nous laisser partir. Au pire, on va vous emmener dans un commissariat et au gros maximum, vous faire galérer quatre heures. Je peux vous garantir qu'une fois que les commissariats seront remplis de gilets jaunes, les petits gardiens de la paix, ça va les faire chier grandement."
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La colère va-t-elle éclater dans la rue samedi? En juin, une source au sein des services de renseignements confiait à l'Express cette analyse : "Nous ne pensons pas être confrontés dans l'immédiat à une crise du côté de l'ordre public. Les gens sont tournés vers les vacances et doivent faire face à des situations personnelles compliquées, notamment économiquement. Il est très probable que cela redevienne un sujet autour de l'automne." Soit dans dix jours.
