Quel rôle a joué Jawad Bendaoud? Le "logeur" de Saint-Denis, qui avait fourni l'appartement dans lequel Abdelhamid Abaaoud, sa cousine Hasna Aït Boulahcen et un troisième homme s'étaient retranchés, a d'abord été moqué sur les réseaux sociaux. Dans une interview déconcertante juste avant son interpellation, il expliquait qu'on lui avait juste "demandé d'héberger" deux personnes "pour quelques jours".
Nombreux chefs d'inculpation
Pourtant, le jeune homme n'est peut être pas le logeur naïf qui est apparu le 18 novembre sur de nombreux écrans. Au terme de six jours de garde à vue - une durée rarissime liée au contexte exceptionnel- Jawad, déjà condamné en 2008 pour meurtre, a été mis en examen mardi.
Et la liste des chefs d'inculpation est longue: association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste en vue de préparer des crimes d'atteintes aux personnes, détention en bande organisée de substances/produits incendiaires ou explosifs en vue de la préparation d'atteintes aux personnes ou destructions/dégradations/détérioration de biens et enfin détention en bande organisée d'armes de catégories A et B. C'est le premier suspect incarcéré en France après les attentats.
En lien avec une ligne téléphonique belge
"Je n'étais pas au courant que c'était des terroristes", jurait-il mercredi aux médias. "Il ne pouvait douter, au vu de ses échanges menés avec Hasna Ait Boulahcen, du comportement des individus et du contexte des attentats qu'il prenait part à une organisation terroriste", a répondu François Molins ce mardi. "Il apparaît en lien avant et après les attentats avec une ligne téléphonique belge, elle-même en contact avec les terroristes", a ajouté le procureur. Celui qui est décrit comme un "petit caïd" de Saint-Denis en savait plus que ce qu'il voulait dire.
Le 17 novembre, vers 22h45, Jawad Bendaoud accueille les terroristes dans son logement de la rue du Corbillon qu'il a mis à la disposition d'Abaaoud, sa cousine et son complice non identifié "contre rémunération". Il avait échangé auparavant avec Hasna Aït Boulahcen au téléphone.
Hayet, une amie qui était avec lui le 17 novembre, a affirmé sur BFMTV: "La façon dont l'appartement était préparé... Je pense qu'il a quelque chose à voir et qu'il était au courant". La jeune femme racontait qu'il lui avait confié être "dans la merde" avec cette histoire. Jawad avait la langue bien pendue avant son interpellation. Maintenant, c'est aux juges d'instruction qu'il va devoir parler et expliquer ce qu'il savait exactement des attentats.
