Un gros entrepôt des Restaurants du Coeur bénéficiant à 15 000 personnes dans le Pas-de-Calais, un des département les plus pauvres de France, a été totalement détruit par un incendie mardi. Quelque 90 tonnes de produits alimentaires ainsi que trois camions, dont deux frigorifiques, et des chariots-élévateurs sont partis en fumée, selon les responsables des "Restos du Coeur" évaluant les premières conséquences de la catastrophe intervenue au début de la seconde semaine de distribution d'hiver.
"Prévenus vers 5H30, 45 pompiers ont mis quatre heures pour venir à bout des flammes de ce sinistre" survenu à Vendin-le-Vieil, près de Lens, a déclaré sur place le capitaine de sapeurs-pompiers Nicolas Galland, précisant que les causes n'en étaient pas déterminées à ce stade.
46 centres de distribution privés de stocks
Ce centre de stockage, l'un des trois des Restos du Coeur dans le Pas-de-Calais, desservait 46 centres de distribution dans l'ensemble de l'ancien bassin minier du département, d'Aire-sur-la-Lys à Noyelle-Godault, distants de 50 km, et incluant des villes comme Lens, Hénin-Beaumont ou Béthune.
Devant l'ampleur du désastre, la présidente de l'association départementale des Restos du Coeur du bassin minier, Claudine Delcroix, a lancé un appel à "une chaîne de solidarité", notamment auprès de la grande distribution. "Toutes les denrées qui étaient stockées, - du petit pot pour bébé aux surgelés, ainsi que des jouets pour le Noël des enfants des familles concernées - tout s'est volatilisé", a-t-elle précisé avec une émotion perceptible.
Les distributions prévues mardi ont été annulées
Dans l'immédiat, les distributions prévues mardi ont été annulées, sauf dans les centres venus s'approvisionner par chance lundi. "La deuxième semaine de distribution est définitivement compromise, même si nous allons faire en sorte que les personnes ayant besoin d'aide puissent avoir le plus vite possible des denrées alimentaires en dépannage et dans l'urgence", a souligné Claudine Delcroix.
Pour parer au plus pressé, les autres centres des Restos du Coeur du département devaient contribuer et une grande surface voisine a annoncé qu'elle allait faire un geste.
Alors que les ruines des deux entrepôts contigus qui ont brûlé étaient encore fumantes, les autorités restaient très prudentes sur les causes et circonstances de l'incendie. "Il est très difficile pour l'instant de déterminer l'origine du sinistre", a ainsi déclaré le capitaine Galland. Une enquête de police devait démarrer dès que les opérations de déblaiement encore en cours mardi à la mi-journée seraient achevées.
