Les gilets jaunes rebattent le pavé pour le 16e samedi consécutif. La mobilisation de ce week-end est présentée comme un prélude à un "gros mois" d'actions, notamment le 9 et le 16 mars, afin de marquer la fin du Grand débat et les quatre mois du mouvement social.
Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a relativisé l'ampleur des dernières mobilisations. "Il y a chaque semaine 40 000, 50 000 personnes qui manifestent (...). C'est ça la réalité, c'est-à-dire au fond plus grand monde", a-t-il déclaré sur France 2 ce vendredi.
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Le 17 novembre, ils étaient 282 000 dans la rue pour l'acte 1 du mouvement. Samedi dernier, 46 600 personnes sont descendues dans la rue, selon les autorités, pour dénoncer la politique du gouvernement et demander la démission d'Emmanuel Macron. Des chiffres régulièrement contestés par les manifestants qui veulent au contraire relancer leur mobilisation.
Rassemblements aux quatre coins de la France
Samedi se tiendront les désormais traditionnelles manifestations hebdomadaires aux quatre coins du pays.
À Bordeaux, ville charnière du mouvement, quatre événements Facebook différents appellent à se réunir à 13 heures place de la Bourse. L'un d'eux propose d'organiser une "assemblée citoyenne" après la manifestation puis une "nuit des jaunes".
À Lyon, une "mobilisation régionale" a été lancée. Sur Facebook, plus de 5 000 personnes se sont dites "intéressées". Le rendez-vous est donné à 13 heures devant le palais de justice de la ville.
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À Lille, les organisateurs ont appelé les gilets jaunes des pays voisins (Belgique, Angleterre, Luxembourg, Pays-Bas, Allemagne), à "converger" vers la métropole du nord.
À Toulouse, un rassemblement est prévu à 14 heures au niveau du métro Jean-Jaurès. 2 200 personnes se disent intéressées par l'événement.
À Bar-le-Duc, la préfecture de la Meuse, qui craint des débordements, a pris un arrêté interdisant la vente et le transport "de produits combustibles et/ou corrosifs, carburants et gaz inflammable", de "pétards, pièces d'artifices et fusées de détresse" et "d'aérosols de peinture".
Un parcours de 12 km à Paris
À Paris, un parcours de 12 km partant de l'Arc de Triomphe a été déclaré en préfecture. Mais de nombreuses autres initiatives, plus ou moins suivies, ont émergé sur Facebook.
Un groupe, "Gilets jaunes acte 16 : Insurrection", propose notamment de "bloquer la place de l'Étoile le plus longtemps possible" et de "revenir aux sources en ne déclarant pas les manifs pour retrouver ce côté spontané qui faisait peur au gouvernement". "Fini le pacifisme", peut-on lire. Vendredi soir, 5100 personnes se disaient intéressées.
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Un autre événement appelle à se rendre devant les locaux de BFMTV dans le 15e arrondissement de Paris, pour "demander des comptes". 2 500 personnes se disent intéressées.
Des organisations de forains ont également appelé à se mobiliser contre l'ordonnance du 19 avril 2017 qui menace leur profession.
Préparation des week-ends suivants
Priscilla Ludosky, initiatrice d'une pétition contre la hausse du prix des carburants, a appelé à un sit-in à partir du 8 mars à Paris "pour installer nos ronds-points au coeur de la capitale" et présenter les revendications récoltées sur leur plateforme le-vrai-débat.fr, alternative au Grand débat gouvernemental.
Mais l'échéance à laquelle travaillent les gilets jaunes est celle du 16 mars, lendemain de la clôture du Grand débat national, fustigé comme une "mascarade" et une "campagne de communication", et veille de l'anniversaire des quatre mois du mouvement.
Pour Éric Drouet, "le 16 va vraiment être une clé dans ce mouvement. Beaucoup de gens ont décidé de monter à Paris, cette fois en prenant le temps de s'organiser à l'avance. Il y a un élan pour cette date-là qui va faire du bruit". Jeudi, il disait avoir "des retours de Hollande, de Belgique, d'Italie, de toutes les régions de France" et évoquait également de possibles actions en mars contre Starbucks et Facebook. "Vous allez avoir un mois de mars où vous allez pas beaucoup dormir", a-t-il lancé à Emmanuel Macron dans une vidéo mise en ligne ce vendredi.
