"J'ai vu rouge", explique Pierre T. Ce manifestant jugé lundi pour avoir dégradé la stèle du maréchal Juin le 16 novembre dernier place d'Italie à Paris a écopé de deux ans de prison dont un ferme et une amende de 72 519 euros.

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À la barre, il explique : "Je me suis défoulé sur la première chose que j'ai vue, sans penser que c'était la stèle du maréchal Juin". "Quand vous avez passé trois heures avec du gaz lacrymogène dans les yeux... J'ai déconné grave, mais je n'ai dégradé qu'une partie de la stèle, pas le reste. C'était juste un craquage de dix minutes", poursuit-il. Et quand la présidente du tribunal lui demande si ça lui arrive souvent, ce chômeur de 31 ans lâche : "Juste quand je me fais gazer pendant des heures".

"Un citoyen en colère"

Pierre T. se défend d'être un "black bloc", ou même un gilet jaune. "Je suis juste un citoyen en colère qui en a marre de trimer dans la vie et de pas avancer (...) Je suis à bout", souffle-t-il encore avant de relater un parcours de vie particulièrement difficile. "Je suis un enfant de la Ddass. J'ai subi des viols par cinq personnes différentes. Il y a des gens qui auraient subi 1% de ce que j'ai vécu, ils se seraient ouvert les veines", raconte-t-il.

Il sera tout de même condamné à de la prison ferme pour avoir détruit "un symbole de cette République qui lui permet justement d'exercer sa liberté d'expression", selon la présidente.