La "révolution culturelle et législative" est-elle en marche ? Muriel Pénicaud en semble convaincue. Dans une interview accordée au Parisien, la ministre du Travail livre un bilan de l'index sur l'égalité salariale entre les femmes et les hommes.
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Elle révèle que 64% des entreprises de 250 à 1000 salariés ont mis en place l'index, mais que 16% sont "en alerte rouge". Ces dernières risquent des "mesures correctives dans les trois ans".
Parmi les grands groupes, la ministre précise que la quasi-totalité a mis en place l'outil, même si huit grandes entreprises n'ont pas réagi aux relances du gouvernement. "Elles ont été mises en demeure et risquent une sanction", ajoute Muriel Pénicaud.
Un "plafond de verre" sur les hauts salaires
Comment obliger les entreprises à appliquer les mesures d'égalité salariale ? Pour Muriel Pénicaud, c'est la transparence de l'index qui va entraîner une "émulation positive", notamment quand la réputation de l'entreprise entre en jeu. "Nous comptons aussi sur l'effet générationnel", poursuit la ministre.
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Mais il reste encore des inégalités persistantes comme le fait qu'un tiers des entreprises des grands groupes n'appliquent pas la loi de 2006 selon laquelle une femme de retour de congé maternité doit être augmentée si ses collègues l'ont été.
Muriel Pénicaud évoque enfin un "plafond de verre" pour les hauts salaires concernant les femmes. "Une entreprise de plus de 1000 salariés sur deux compte, en moyenne, à peine une femme dans les dix plus hautes rémunérations", précise-t-elle au quotidien.
