Accusé de viols par plusieurs femmes, Roman Polanski est à nouveau au coeur de la polémique. Le réalisateur du film J'accuse est en lice dans douze catégories pour les César, juste devant Ladj Ly, le réalisateur des Misérables, nommé onze fois. Ce jeudi, au lendemain de l'annonce de l'Académie, Marlène Schiappa a estimé sur LCIqu'il n'y avait pas de différence entre les deux hommes.
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Après avoir rappelé que Ladj Ly, qui a fait de la prison pour séquestration et enlèvement, "a payé sa dette à la société" contrairement à Roman Polanski, la journaliste Élisabeth Martichoux a ainsi demandé à la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes: "Quelle est la différence dans le fond ?" "Il n'y en a pas", a alors répondu Marlène Schiappa.
"J'ai dit que j'étais assez surprise qu'on porte aux nues quelqu'un qui manifestement a eu un comportement de la sorte", a-t-elle justifiée.
Sa déclaration a en tout cas provoqué l'indignation sur les réseaux sociaux, les internautes faisant notamment valoir que le réalisateur des Misérables a, lui, purgé sa peine.
"Le cinéma français n'a pas fait sa mue"
Marlène Schiappa s'indigne globalement de voir Roman Polanski autant nommé et affirme qu'elle serait "indignée de voir une salle entière debout en train d'applaudir une personne accusée de viols sans aucune pensée, aucun sentiment d'empathie et humain pour les femmes qui voient cette scène et qui ont été violées, pas forcément par Roman Polanski, mais par d'autres".
Et secrétaire d'État de souligner qu'il y a encore quelques semaines, "tout le monde était derrière Adèle Haenel [...] et là finalement, ça dépend. La question, c'est si le violeur ou l'agresseur présumé est puissant, célèbre, génial et qu'il fait des films formidables, dans ce cas-là, il y a une forme de tolérance, moi je dis que ça ne peut pas être le cas".
"Je n'appelle pas à la censure du film J'accuse [...] Maintenant je m'interroge sur le message qui est envoyé et effectivement j'ai l'impression que le cinéma français n'a pas fait sa mue en ce qui concerne sa lutte contre les violences sexistes et sexuelles [...] Applaudir une personne qui est accusée de viol par plusieurs femmes je trouve ça choquant", a encore étayé la secrétaire d'État.
L'Académie des César "est libre de ses choix et de son mode de fonctionnement", avait souligné de son côté le ministre de la Culture Franck Riester, mercredi, réaffirmant qu'il continuerait de défendre "la liberté de création avec la même détermination que je combats, au quotidien, toutes les formes de violences sexistes et sexuelles". "Un artiste est un justiciable comme les autres", avait-t-il conclu.
