C'est un plan voulu par Emmanuel Macron depuis 2018. En visite ce mardi sur le chantier de construction d'un centre pénitentiaire à Lutterbach (Haut-Rhin), le Premier ministre, Jean Castex, doit annoncer les sites retenus pour la construction de nouvelles prisons.
Ce "Plan 15 000 places", se décline en deux phases : 7000 places mises en chantier d'ici 2022, "c'est-à-dire livrées ou avancées à un stade de construction", selon une source gouvernementale, et 8000 supplémentaires qui doivent être lancées d'ici 2022, pour une livraison finale à l'horizon 2027. Le plan prévoit en tout 18 000 créations de places, mais également la suppression de 3000.
Le centre pénitentiaire de Lutterbach, dans la périphérie de Mulhouse, doit ainsi remplacer les établissements pénitentiaires de Mulhouse et Colmar, jugés trop vétustes. L'inauguration est prévue à la fin de l'année.
Les sites retenus
Pour cette deuxième phase, cinq opérations sont déjà engagées: à Muret (Haute-Garonne, 615 places, livraison 2026), Rivesaltes (Pyrénées-Orientales, 515 places, livraison 2026), Entraigues-sur-la-Sorgue (Vaucluse, 400 place, livraison 2025), Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis, 715 places, 2026), Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane, 505 places, 2026).

Les sites retenus pour la construction de futurs établissements pénitentiaires (France métropolitaine)
© / L'Express
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Huit opérations nouvelles ont également été annoncées ce mardi, pour des livraisons à l'horizon 2027 : à Nîmes (Gard, 700 places), Le Muy (Var, 650 places), Pau (Pyrénées-Atlantiques, 250 places), Noiseau (Val-de-Marne, 800 places), Trélazé (Maine-et-Loire, 850 places), Crisenoy (Seine-et-Marne, 1.000 places), Vannes (Morbihan, 550 places) et une dans le Val-d'Oise sur un site encore en cours d'identification (750 places).
Favoriser la réinsertion
Avec 2000 places prévues en structures d'accompagnements vers la sortie, dites SAS, le gouvernement veut mettre l'accent sur la réinsertion. Ces établissements accueilleront des détenus à qui il reste moins de deux ans d'emprisonnement et auront pour objectif de mieux les accompagner dans leur retour à la vie extérieure.
Trois prisons expérimentales centrées sur le travail et la formation de 180 places chacune doivent encore être construites à Arras, Toul (Meurthe-et-Moselle) et Donchery (Ardennes), pour une livraison en 2025-2026. "Les nouveaux établissements favoriseront le développement du travail en détention, en offrant un plus grand nombre de postes de travail dans les ateliers ainsi que des équipements permettant la diversification des activités professionnelles et de formation", a souligné une source ministérielle, alors que l'entourage du Premier ministre a mis en avant "le projet de Lutterbach, conduit de manière exemplaire, avec une architecture qui renouvelle l'immobilier carcéral, très inséré dans les paysages et les territoires".
Le programme global de 15 000 places supplémentaires est doté d'un budget d'environ 4,4 milliards d'euros, "le plan le plus important depuis quinze ans", selon le ministère de la Justice. La France compte aujourd'hui 61 100 places de prison.
