Les chiffres sont formels : la réforme du lycée et du baccalauréat a bel et bien entraîné un désaveu des lycéens pour les mathématiques. L'idée de départ du ministère de l'Education nationale ? Faire moins mais mieux, en réduisant - quasiment à néant - la place des mathématiques dans le tronc commun à partir de la classe de première, tout en proposant un enseignement beaucoup plus exigeant à ceux qui font le choix de cette spécialité. Résultat, seuls 59 % des lycéens de terminale étudient encore les mathématiques, contre 90% avant la mise en place de la réforme. Une baisse inquiétante pour le Medef - et pour d'autres ! - qui craint pour l'avenir et la compétitivité du pays.

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Certes, l'importance de fournir un bagage solide aux profils scientifiques n'est plus à démontrer. Mais quid de tous les autres ? Ceux pour qui l'enseignement des mathématiques, s'il n'est pas central, reste malgré tout indispensable ?

L'exemple des sciences économiques et sociales est éloquent : bon nombre de lycéens qui choisissent cette spécialité en première n'hésitent plus, dans le même temps, à abandonner les mathématiques... pourtant incontournables pour ceux qui envisagent de suivre un cursus d'économie dans le supérieur. Idem pour ceux qui souhaitent s'orienter vers des études de commerce, de géographie, voire de sociologie ou de sciences politiques, et pour qui l'arrêt de cette matière ne sera pas sans conséquences. Jean-Michel Blanquer envisage des aménagements pour redorer les maths... Un peu tard pour les 41% d'élèves actuels de terminale qui leur ont tourné le dos !