Des violences conjugales, on connaissait les bleus, les claques, parfois même le sang. Celles que dénonce Jacques Audiard, dans un clip vidéo commandé par le secrétariat d'Etat à la Solidarité, sont psychologiques. Pas de coup, rien que des mots qui saignent.

On y voit une femme blonde vivre des scènes du quotidien dans un centre commercial: shopping, café, rendez-vous avec une copine. En voix off, un homme, l'insulte, la traite de "boudin", de "trainée". Cet homme, c'est son mari.

En trente secondes, le clip va à l'essentiel: "Ne laissez aucune violence s'installer". Diffusé sur une vingtaine de chaînes, il dénonce le dénigrement, la pression et le harcèlement au sein du couple, autant de maux qui peuvent avoir l'effet d'une gifle en plein visage.

Le réalisateur Jacques Audiard, primé à Cannes, admet dans Le Parisien la dureté de son spot: "L'intention de ce film est de créer une situation insupportable. Mais il n'y a pas de fatalité. A la fin, l'espoir est là, notre femme réagit. Et c'est au spectateur d'imaginer la suite."