D'où vient-il ? D'une famille ouvrière de neuf enfants, à Belfort, d'où il part pour Strasbourg, puis pour Montpellier et Paris. Avec une idée en tête : devenir comédien. Parallèlement à ses études (bac S et licence de cinéma), il se retrouve en 2005 au centre d'un vrai-faux documentaire, Tahar, l'étudiant, de son ami Cyril Mennegun, portrait d'un universitaire en proie au doute et aux difficultés financières. Puis, entre un job de serveur et un poste dans une boîte de logiciels, il décroche de vrais rôles, comme celui d'une crapule ambitieuse dans la série télé La Commune.

Pause cannoise. En mai dernier, les journalistes du monde entier présents sur la Croisette, où le film est présenté, fondent sur lui. « Au début, c'était effrayant car je ne réalisais pas ce qui arrivait. Ensuite, je ne me suis plus posé de questions. Et j'ai vécu la plénitude dont je rêvais. » Il faut dire que la performance de Tahar Rahim est remarquable. A tout point de vue. Présent à chaque séquence, tour à tour angélique, naïf, dur et déterminé, il joue un délinquant qui, en prison, va manipuler les costauds des lieux et prendre leur place. Trois mois d'essais, quatre de tournage et « une tonne de stress », se souvient le comédien.

Où va-t-il ? Pour l'instant, nulle part. « Je lis des scénarios, mais aucun ne m'inspire confiance. Les gens écrivent des histoires et y posent des personnages. Alors qu'il faut faire l'inverse. » Il suit tout de même de près un projet de Cyril Mennegun sur la schizophrénie. L'après-Cannes a été tranquille, mais Tahar s'attend à recevoir quelques scripts supplémentaires après la sortie du film, le 26 août. Ce qui est sûr, c'est que Tahar Rahim décrochera le césar du meilleur espoir. Pas besoin d'être prophète pour le savoir.