On en compte pour l'heure 116. Les actes antimusulmans recensés en France depuis les attentats terroristes perpétrés du 7 au 9 janvier sont en hausse de 110%, par rapport à ceux comptabilisés pour l'ensemble du mois de janvier 2014, a annoncé ce lundi l'Observatoire national contre l'islamophobie. Ce décompte, communiqué sur la base des plaintes recensées par le ministère de l'Intérieur, se ventile en 28 actions contre des lieux de culte et 88 menaces, selon cette instance dépendant du Conseil français du culte musulman (CFCM).
"Cette situation est inadmissible et nous demandons aux pouvoirs publics, au-delà des discours rassurants, de passer aux actes afin de mettre fin à ce fléau", écrit le président de l'observatoire, Abdallah Zekri, dans un communiqué. "Nous ne pouvons accepter que fleurissent sur les murs des mosquées des tags et slogans racistes inscrits par des nazillons en mal d'identité", ajoute-t-il.
François Hollande et Manuel Valls se sont appropriés le sujet
Le président de l'observatoire "dénonce ces actes de haine à l'égard des Français de confession musulmane qui, dans leur immense majorité, respectent les valeurs de la République et la laïcité". Contrairement "à ce que laissent croire certains individus qui, profitant de leur notoriété médiatique, font de leur haine des musulmans et de l'islam leur fonds de commerce", poursuit-il sans les nommer. Le chroniqueur de l'hebdomadaire Le Point Philippe Tesson a notamment tenu des propos sur les musulmans qui ont provoqué une vive polémique.
Le président François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls avaient eu la semaine dernière des mots d'apaisement, alors que de nombreux actes se multipliaient contre des mosquées ou des personnes de confession musulmane. "Dans ces moments-là, tout le monde a son importance et je veux assurer à l'ensemble de nos concitoyens, et notamment à nos compatriotes de confession ou de culture musulmane, qu'ils ont droit à la même protection de leurs lieux de culte", avait notamment déclaré Manuel Valls.
