Trois ans après l'attentat de Nice, la ville a prévu de rendre hommage aux victimes ce dimanche 14 juillet 2019, avec une cérémonie cultuelle ainsi que l'illumination du ciel, de 86 faisceaux, à partir de 22 h 34, heure de l'attentat de 2016. Un hommage insuffisant pour un certain nombre de familles qui se sentent abandonnées par l'État.

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C'est le cas de Christine, rencontrée par BFMTV et dont la mère est veuve depuis le 14 juillet fatal. "Je ne me voyais pas du tout la mettre en institut. Pour moi c'est tout à fait normal qu'elle reste avec nous et qu'on soit tous ensemble", explique Christine, qui a dû quitter son emploi et déménager pour s'occuper de sa mère. "J'ai tapé à toutes les portes et je n'ai reçu aucune aide de toutes les institutions", regrette cette fille de victimes, qui a pourtant touché des indemnités de la part du Fonds de garantie (FGTI) des victimes d'acte de terrorisme. Insuffisant.

Pas de procès pour terrorisme ?

Autre objet d'insatisfaction des familles : le procès qui pourrait se tenir dans un tribunal correctionnel et non pas devant une cour d'assises, comme c'est le cas habituellement dans des affaires liées au terrorisme. L'auteur de l'attaque ayant été tué, les preuves seraient actuellement insuffisantes à l'encontre des huit personnes mises en examen, rapporte France Inter. D'autre part, bien que l'attentat ait été revendiqué par Daesh, aucune preuve de lien direct avec l'organisation terroriste n'a depuis été retrouvée.

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Un certain nombre des 150 parties civiles seront reçues cet été par les juges d'instruction qui enquêtent sur les mesures de sécurité déployées au soir du 14 juillet 2016.

"Au vu des déclarations des différents témoins assistés et des protagonistes, couplés aux résultats d'expertises attendus, il est certain qu'il y aura des mises en examen", estime Jérémie Assous, avocat de l'association des victimes Promenade des Anges. La volumineuse enquête ouverte en 2017 "pointe un grand nombre d'irrégularités et de fautes", affirme encore l'avocat.

L'enquête piétine

Ouverte pour "mise en danger de la vie d'autrui", l'enquête a été élargie à la qualification d'"homicide et blessures involontaires", davantage susceptible de déboucher sur un procès.

"Ce qui est honteux, c'est que le parquet aurait dû être à l'origine de toutes ces demandes, être un allié, un protecteur des victimes", reproche Me Assous, accusant le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre de "mauvaise foi caractérisée dans ce dossier" : "On voit qu'il est tout sauf indépendant".

"Je ne pense pas que c'est un dossier qui prenne plus de retard que ça, dans le sens où l'essentiel des investigations a pu être fait. Il y a eu des personnes entendues au plus haut niveau de responsabilité. On est au stade où il faut développer plus le volet victimes", répond Jean-Michel Prêtre.