Six personnes -cinq femmes et un homme- ont été arrêtées lundi et mardi dans le cadre de l'enquête sur les attaques de plusieurs commerces de viande, d'après une information de BFMTV confirmée à L'Express. Il s'agit de militants végans qui ont été interpellés par la Sûreté urbaine de Lille et qui ont été placés en garde à vue. Ils "ont souhaité garder le silence durant la garde à vue", d'après une source judiciaire.
Des commerces aspergés de faux sang
Une femme âgée de 21 ans "a été déférée ce [mercredi] au parquet qui va lui notifier sa convocation par procès-verbal devant le tribunal correctionnel de Lille le 14 décembre à 8h30", selon notre source. Le juge des libertés et de la détention a été saisi pour un possible placement sous contrôle judiciaire. L'enquête a permis de retenir des charges suffisantes contre elle pour "des dégradations volontaires en réunion contre trois commerces du centre-ville de Lille, une boucherie, une poissonnerie et une chaîne de restauration rapide".
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Dans les Hauts-de-France, et en particulier à Lille, plusieurs boucheries et poissonneries ont été vandalisées ces derniers mois : ces commerces de viande ont été aspergés de faux sang, des vitrines ont été brisées et des façades taguées avec des inscriptions du type "stop au spécisme".
La protection du gouvernement demandée
Fin juin, dans une lettre adressée à Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT) a demandé la protection du gouvernement. Le président de la confédération Jean-François Guilhard y critique une "violence" des militants anti-spécistes qui s'exerce "tant à visage découvert que masqué" sur les commerces.
La semaine dernière, des tensions sont à nouveau apparues entre végans et professionnels de la viande. Une "manifestation pacifique contre l'extrémisme végan" prévue à Calais a été annulée par peur de débordements. Dans un communiqué, Jean-Michel Taccoen, conseiller régional LR délégué à l'environnement, a déclaré ne pas vouloir répondre "à la violence par la violence". "Nous avons appris que des groupuscules de casseurs souhaitaient se joindre aux manifestants pacifiques", s'est-il justifié.
