"C'est très émouvant." Jean-François Tournepiche, conservateur au Musée d'Angoulême (Charente), n'en revient pas. La semaine dernière, un doctorant est tombé sur un os de sauropode [dinosaure herbivore] haut de deux mètres alors qu'il participait aux fouilles sur le site paléontologique d'Angeac-Charente, rapportent Le Parisien et France 3 Nouvelle Aquitaine.

"On arrive à y voir les insertions des muscles et des tendons, des cicatrices. C'est très rare pour les grosses pièces qui ont tendance à s'effondrer sur elles-mêmes, à se fragmenter", détaille auprès du quotidien Ronan Allain, paléontologue au Muséum national d'histoire naturelle de Paris. Le poids de l'os est estimé "à plus d'une demi-tonne", selon Le Parisien.

Une ancienne plaine inondable

Caché sous les gravières d'une boucle de la Charente, dans des couches d'argile vieilles de 130 à 135 millions d'années, le site d'Angeac est "l'un des plus grands gisements de fossiles de dinosaures en Europe", assurait Jean-François Tournepiche à l'AFP en 2015.

À l'époque, au Crétacé inférieur, la campagne charentaise était une plaine inondable au climat tropical, semblable à la Louisiane et ses bayous. On y trouvait surtout des fougères et des conifères comme nos cyprès et thuyas, mais pas de plantes à fleurs.

En 2012, un fémur de 2,20 mètres, le plus grand au monde, est découvert sur le site. Depuis, des fouilles ont lieu à Angeac chaque été. Quelque 7500 os de vertébrés, plus de 66 000 fragments d'os, des empreintes de pas et quantité de végétaux y ont été identifiés. Et le site est loin d'avoir livré tous ses secrets.