Les voyants sont au vert. Présidence française du Conseil de l'Union européenne oblige, les ministres en charge de l'espace se réuniront le 16 février à Toulouse. Ils ont là une occasion unique de donner enfin aux Vingt-Sept une vision ambitieuse en matière de politique spatiale.

Arrêter des priorités

Sur la table, trois priorités : l'observation et la surveillance de la Terre via la continuation du programme Copernicus, la création d'une constellation de satellites afin de doter le Vieux Continent d'une infrastructure de connectivité et mettre fin aux zones blanches. Sans oublier, le retour des vols spatiaux habités. Pour chacun de ces dossiers, il s'agit d'un choix de souveraineté. Faut-il que l'Europe délègue à une autre puissance les données fondamentales pour la connaissance environnementale et le réchauffement climatique ?

Se doter d'un accès indépendant vers le firmament

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L'Europe peut-elle continuer à dépendre des Etats-Unis ou de la Russie pour espérer envoyer Pesquet et consorts à bord de la station spatiale internationale, surtout à l'heure de la (re)conquête de la Lune et la multiplication d'autres stations (il existe cinq projets privés). L'Europe peut-elle se contenter de devenir une cliente d'Elon Musk ou de Jeff Bezos et de leurs constellations pour assurer sa connectivité à Internet et surtout garantir le cryptage quantique de ses communications sensibles ?

A chacune de ces questions, la réponse est non. A Toulouse, des engagements historiques doivent être actés. Quitte à assurer leur financement lors de l'autre grande réunion ministérielle prévue fin novembre 2022. Après, il sera trop tard.