Le prix Nobel de chimie a été mercredi décerné à l'Allemand Gerhard Ertl, 71 ans, pour ses travaux sur la chimie de surface. Ses recherches ont connu de nombreuses applications industrielles. "Cette science est importante pour l'industrie chimique et peut nous aider à comprendre divers processus comme la rouille et comment les catalyseurs de voiture fonctionnent", a indiqué l'Académie royale des sciences de Suède qui décerne ce prix. Le chimiste allemand a réussi à fournir une description détaillée des réactions chimiques sur les surfaces et a de cette façon posé les bases de la chimie des surfaces moderne. La chimie des surfaces peut par exemple expliquer la destruction de la couche d'ozone, une réaction qui se produit sur les surfaces des petits cristaux de glace dans la stratosphère.

"Sans voix"

A Berlin lors de l'annonce du prix, le lauréat s'est dit tout d'abord "sans voix" avant de confier que "maintenant la fierté est le sentiment qui domine" en lui. Le chercheur, qui a fêté ses 71 ans le jour de l'obtention du Nobel, a précisé: "Je ne peux pas dire que je m'attendais au prix. Je savais cependant que j'étais sur la liste des candidats". Il a également souligné que l'Allemagne est un pays où la recherche fondamentale est favorisée. "Je n'ai jamais eu de problèmes ici. Je ne peux pas non plus comprendre qu'on ne cesse de se lamenter sur le manque d'argent", a-t-il ajouté. Gerhard Ertl succède à l'Américain Roger Kornberg, récompensé en 2006 pour avoir "photographié" la façon dont est copiée l'information portée par l'ADN. Il devrait recevoir le 10 décembre une médaille en or, un diplôme et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises, soit 1,08 million d'euros.

Trajectoire d'un professeur émérite

Né le 10 octobre 1936 à Stuttgart, Gerhard Ertl est diplômé de l'université technique de Stuttgart. Professeur émérite à l'institut Fritz-Haber du Max-Planck-Gesellschaft à Berlin, il travaille sur la détermination des mécanismes, au niveau moléculaire, de la réaction catalytique de l'ammoniaque sur le fer et de l'oxydation catalytique du palladium par le monoxyde de carbone. Il a découvert le phénomène important des réactions oscillatoires sur les surfaces de platine et a obtenu, grâce à la microscopie électronique, les premières images des changements observés durant ces réactions.