Copenhague reviendrait-elle sur sa décision ? Premier pays en Europe à avoir abandonné les vaccins d'AstraZeneca et de Johnson & Johnson dans sa campagne nationale contre le Covid-19, le Danemark pourrait faire marche arrière après avoir vu filer son objectif de pleine vaccination, initialement fixé à septembre. En cause : des problèmes de livraison chez l'Américain Moderna vers l'Europe.
Au Danemark, 2 104 583 personnes ont reçu la première dose (soit 36,2% de la population) et 1 245 069 se sont vus administrer la deuxième injection (21,4%), selon les données enregistrées par Our World in Data. Dans ce pays de 5,8 millions d'habitants, l'épidémie est sous contrôle - avec une moyenne de 900 cas du Covid-19 par jour. Mais la décision de se priver des deux vaccins "à vecteur viral" a fortement ralenti la campagne d'immunisation, pourtant entamée sur les chapeaux de roues. Preuve en est, Copenhague a encore dû retarder de deux semaines sa cible de vaccination complète.
Le gouvernement a demandé à l'autorité sanitaire si cette nouvelle donnée ne justifiait pas un retour des deux vaccins, retirés depuis plusieurs semaines." Dans ce contexte, nous demandons désormais à l'autorité sanitaire, Sundhedsstyrelsen, de reconsidérer son choix de (les) retirer, pour savoir si le nouveau retard change quelque chose à leur décision", a affirmé le ministre danois de la Santé Magnus Heunicke, interviewé par la télévision publique DR.
Un assouplissement déjà opéré le 20 mai
Déjà, le Danemark avait légèrement assoupli son choix le 20 mai en proposant aux volontaires de pouvoir se faire injecter les deux vaccins, même officiellement retirés de la campagne.
Pour rappel, l'autorité, dont le choix s'impose au gouvernement, avait d'abord retiré le vaccin d'AstraZeneca mi-avril, du fait d'effets secondaires sanguins très rares, mais graves. Une décision similaire avait été prise début mai pour Johnson & Johnson, commercialisé en Europe sous la marque Janssen. Outre les effets secondaires, l'autorité avait justifié son choix par le fait que la situation épidémique au Danemark était sous contrôle et que l'approvisionnement des autres vaccins autorisés - Pfizer/BioNTech et Moderna - lui semblait suffisant.
Interrogé sur le fait de savoir si un revirement sur des vaccins retirés ne risquait pas de nuire à la confiance, le ministre a estimé qu'il était "trop tôt pour avoir cette discussion" avant la réponse de l'autorité.
