Une fresque "intolérable". C'est l'adjectif utilisé par l'association Osez le féminisme !, qui a repéré l'affaire sur la page Facebook "Les médecins ne sont pas des pigeons" (retirée lundi matin). L'illustration, peinte il y a 15 ans et affichée dans une salle de repos de l'internat du CHU Gabriel Montpied de Clermont-Ferrand, devrait toutefois, face à la polémique qu'elle a suscitée, être effacée, assure Arnaud Gallon, président du syndicat des internes de Clermont-Ferrand, dans un communiqué.
Les quatre super-héros que sont Flash, Superman, Batman et Superwoman y sont représentés en train de s'adonner à ce qui semble être un viol collectif sur Wonder Woman. "Tiens, la loi santé!", "Prends la bien profond!" et "Tu devrais t'informer un peu" sont par ailleurs inscrits dans des bulles prêtées aux protagonistes et récemment ajoutées à la fresque. Ce sont d'ailleurs précisément ces dialogues qui incriminent, selon l'association féministe, la ministre de la Santé Marisol Touraine et sa loi Santé.
"Les médecins utilisent la représentation d'un viol pour montrer leur mécontentement vis-à-vis d'une ministre et de sa loi. Les bulles critiquant le projet de loi santé ont été ajoutées sur la fresque, antérieure au débat. Elles sembleraient indiquer que la femme violée, habillée en Wonder Woman, symbolise à leurs yeux la ministre de la Santé. C'est une menace misogyne en sa direction" peut-on ainsi lire dans le communiqué.
Condamnation unanime des politiques et des médecins
Une mise en cause que semble partager l'entourage de la ministre, qui confie à L'Express.fr "juger cette fresque très choquante et très éloignée de l'esprit de responsabilité qu'exige la période actuelle". "La ministre, qui se sent personnellement visée, tient à dénoncer une incitation au viol inacceptable et insupportable, que l'esprit carabin ne saurait justifier".
De même, le groupe PS à l'Assemblée s'est fendu, par la voix de son président Bruno Le Roux, d'un communiqué pour condamner une "dérive odieuse de la campagne menée contre Marisol Touraine. Je demande à ce qu'il soit mis un terme au lynchage médiatique et aux campagnes immondes menées çà et là à l'occasion de la future loi santé" a ainsi exigé le député de Seine-Saint-Denis.
Le Conseil National de l'ordre des Médecins (CNOM) a quant à lui appelé à "agir au plus vite, faire supprimer cette fresque et agir vis-à-vis de ses auteurs". L'InterSyndicat National des Internes (INSI) a enfin, de son côté, "regretté l'interprétation qui a été faite de l'événement et mis en garde contre toute récupération politique qui vise à affaiblir la mobilisation des internes à l'heure où ils sont engagés dans les négociations avec le Ministère de la Santé".
