De nouveaux termes barbares risquent de faire leur apparition sur les ordonnances à partir de ce 1er janvier 2015. Les médecins français doivent désormais inscrire la Dénomination commune internationale (DCI) ou la substance active à côté du nom de chaque médicament prescrit: Paracétamol pour Doliprane, Salbutamol pour Ventoline, Diosmectite pour Smecta ou encore Acétylcystéine pour Mucomyst.
Créé en 1950 par l'Organisation mondiale de la santé, la DCI appelée aussi nom générique, a pour but de fournir aux professionnels "un nom d'appellation unique et universellement reconnu permettant d'identifier chaque substance pharmaceutique". Cette pratique est peu répandue en France, alors qu'en Allemagne ou en Grande-Bretagne, elle concerne respectivement 35% et 80% des prescriptions, souligne la Cour des comptes dans son rapport 2014 sur l'application des lois de financement de la sécurité sociale. L'Express fait le point sur les enjeux de la mesure:
Faciliter la délivrance de médicaments lors d'un voyage
Un même médicament peut exister sous des noms commerciaux différents. En utilisant une appellation universelle, la délivrance de médicaments hors de son pays, lors d'un voyage par exemple, est facilitée.
Limiter les risques de surdosage
En cas d'automédication, un patient courra moins de risques de dépasser la dose maximale d'une substance en prenant plusieurs fois la même molécule sous des noms de médicaments différents .
Inciter à recourir aux médicaments génériques
Enfin, utiliser cette dénomination commune internationale permettra de promouvoir les médicaments génériques, en moyenne 30% moins chers que les marques. Le gouvernement souhaite que les génériques représentent un quart du marché français en 2017.
Pas de sanctions pour les médecins
Cette obligation d'inscrire la Dénomination commune internationale n'est cependant assortie "d'aucune sanction" pour les prescripteurs, souligne la Cour des Comptes. Reste à voir si la mesure ne restera pas un voeux pieu, alors que la plupart des logiciels de prescription ne comportent pas encore d'option permettant l'inscription du nom générique. Mais rien n'empêche les patients de demander à leur praticien de la rajouter à la main.
