Il y avait urgence à éteindre l'incendie. La santé des enfants est un sujet sensible et Emmanuel Macron, par la voix de son ministre de la Santé François Braun, a souhaité apporter très vite une réponse à la pétition signée par plus de 6 000 soignants sur les difficultés de la pédiatrie. Mais les annonces - 150 millions d'euros "notamment" pour les services spécialisés dans la prise en charge des enfants et de possibles plans blancs - risquent surtout d'attiser la colère.

LIRE AUSSI : "Je ne sais pas comment on va gérer": l'épidémie précoce de bronchiolite inquiète la pédiatrie

Les plans blancs consistent à imposer aux soignants des heures supplémentaires ou à leur demander de revenir sur leurs congés. Ils s'y plieront mais combien y verront ensuite une raison de plus de quitter le navire ? Quant aux sommes débloquées, nul ne sait à ce stade combien reviendra à la pédiatrie. "On met les équipes en concurrence les unes avec les autres, c'est insupportable", confiait, dépité, le responsable d'une réanimation pédiatrique parisienne.

Les fonds serviront avant tout à financer des remplacements, des heures supplémentaires et des primes ponctuelles, quand les soignants demandent, eux, des mesures structurelles : primes pérennes, hausses de salaires, ratios de personnel respecté, carrières attractives, reconnaissance du travail de nuit et compétences spécifiques... Autant de sujets renvoyés à des concertations ultérieures. Au risque de voir la situation de la pédiatrie continuer à se dégrader, alors que, bien souvent, aucune structure autre que l'hôpital ne peut prendre le relais.