"Etatisation de la santé", mise en péril de l'exercice libéral... les médecins ne désarment pas face au projet de loi santé proposé par Marisol Touraine. La quasi-totalité des organisations de médecins libéraux a appelé à la fermeture des cabinets de ce samedi à mardi. La prise en charge des patients devrait toutefois être assurée, éventuellement à travers des réquisitions.
Parallèlement, des manifestations doivent avoir lieu sur le territoire. En région parisienne, une trentaine de voitures sont attendues ce samedi midi pour une opération escargot depuis Cergy, a indiqué le président de la Chambre syndicale et la coordination des médecins du Val-d'Oise, Serge Larcher. Le cortège doit rejoindre dans l'après-midi l'hôpital Cochin, à Paris, où est prévue une réunion entre les syndicats et les Collectifs pour l'organisation et la défense du territoire de santé (COTDS), qui rassemblent des médecins libéraux, "la plupart non syndiqués".
La généralisation du tiers payant en ligne de mire
Ce nouveau "coup de semonce" contre Marisol Touraine et son projet de loi santé a été lancé par le Syndicat des médecins libéraux (SML), la Fédération des médecins de France (FMF) et le Bloc (chirurgiens). Le mouvement devrait se renforcer lundi avec le ralliement de MG France, le principal syndicat de généralistes, à la grève. L'action doit durer jusqu'à mardi, date du vote de la loi au sénat, avant son retour à l'Assemblée nationale.
Les grévistes s'opposent à la généralisation du tiers-payant d'ici à 2017, qui a été rejetée par le Sénat mais sera représenté mardi devant l'Assemblée nationale, où la gauche est majoritaire.
"Nous refusons d'être placés sous la tutelle des mutuelles et de l'Etat, explique Eric Henry, président du SML. C'est l'indépendance du couple médecin-patient qui est remise en cause avec cette loi. Nous ne voulons pas que des puissances financières interfèrent dans notre travail". Les médecins accompagnent par ailleurs ces protestations de revendications tarifaires. MG France souhaite ainsi voir les consultations augmenter de 23 à 25 euros, tandis que le SML plaide pour un tarif de base compris entre 42 et 45 euros.
"La ministre se trompe si elle croit que la mobilisation va s'arrêter après les élections professionnelles", a averti de son côté Jean-Paul Hamon, président de la FMF.
D'ici au 12 octobre à minuit, 120 000 médecins sont en effet appelés à élire ceux qui les représenteront aux sein des unions régionales des professionnels de santé (URPS) face aux autorités publiques (ARS) pour les cinq prochaines années. L'enjeu est de taille: ces organismes doivent négocier avec l'Assurance maladie une nouvelle convention qui régit les relations entre les deux parties et fixe les honoraires des médecins.
