La dispense d'avance de frais (tiers payant) lors d'une consultation dans un cabinet médical sera bien généralisée "à tous les Français" d'ici à 2017, a assuré lundi la ministre de la Santé Marisol Touraine.
Pour rassurer les médecins, opposés à cette mesure phare de la loi santé -ils ont prévu de manifester le 15 mars-, la ministre a en outre promis qu'une "garantie de paiement" serait inscrite dans le texte: "Le paiement pour les feuilles de soins (électroniques, NDLR) devra être effectué dans un délai de sept jours. Si ce délai est dépassé l'assurance maladie devra payer des pénalités au médecin". "Le tiers payant n'entraînera aucune charge supplémentaire pour les médecins" a encore ajouté la ministre.
>> Lire aussi: "Le difficile dialogue de Marisol Touraine et les médecins"
Une phase de "test" sur 15 millions de patients
Dans un entretien au Monde, Marisol Touraine détaille les différentes étapes de la généralisation du tiers payant. Sa mise en place concernera tous les patients pris en charge à 100% (femmes enceintes, personnes en maladie de longue durée ou en maladie professionnelle, ...), et ce dès le 1er juillet 2016. D'après la ministre, cela représente la moitié des consultations, soit 15 millions de personnes. Le dispositif sera ensuite étendu à tous les autres patients qui en feront la demande -il ne sera donc pas obligatoire comme l'avait d'abord annoncé Marisol Touraine.
Actuellement, le tiers payant est réservé aux bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et de l'aide médicale d'Etat (AME). En juillet 2015, il doit s'étendre à ceux de l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé.
Objectif 2017 pour tous les Français
L'objectif de la ministre de la santé est que le tiers payant devienne "un droit pour tous les Français" avant la fin de l'année 2017.
"Le tiers payant sera étendu à l'ensemble des Français parce que c'est juste, parce que c'est une mesure de progrès, parce que ça favorise l'accès aux soins", a défendu la ministre lors d'une conférence de presse, à une semaine de son examen en commission des affaires sociales à l'Assemblée nationale.
Vaccination par les pharmaciens
Marisol Touraine a enfin précisé que la possibilité offerte aux pharmaciens de réaliser certaines vaccinations, inscrite au départ dans le projet de loi santé au grand dam des médecins, ferait d'abord l'objet "d'expérimentations".
Il s'agit, selon le ministère, "de répondre aux inquiétudes" des médecins chez qui l'annonce de ce projet avait suscité une levée de boucliers. La ministre s'est en revanche refusée à fournir des précisions sur cette ou ces expérimentations, se contentant d'indiquer qu'elles pourraient intervenir "dans des délais relativement rapprochés".
Marisol Touraine a souligné que sa "seule préoccupation" était "d'améliorer la couverture vaccinale" des Français qu'elle juge insuffisante, notamment en ce qui concerne la coqueluche chez les enfants et la grippe chez les personnes âgées.
