Le bras de fer continue sur le terrain administratif. Pour obtenir la réécriture du projet de loi santé, les médecins maintiennent la pression sur le gouvernement en ce début 2015 avec, entre autres, une grève de la carte Vitale.

A l'appel de plusieurs syndicats, les médecins sont invités à compter de ce lundi à refuser les cartes Vitale de certains de leurs patients. Autrement dit, à remplacer une partie des télétransmissions de feuilles de soin (par carte Vitale) par un retour au papier.

Le CSMF, principal syndicat, appelle aussi les médecins à envoyer par voie postale tous les formulaires (accidents du travail, déclarations de médecin traitant, formulaires d'affections de longue durée, demandes d'entente préalable ...).

D'autres syndicats, comme le SML, proposent de continuer à prendre la carte Vitale tout en envoyant systématiquement un duplicata à la Sécurité sociale. Quel impact peut avoir un tel afflux de paperasse?

Encombrement de la Sécu

Les médecins espèrent créer un engorgement des services de l'Assurance maladie. "Il suffit que chaque médecin fasse quelques feuilles de soin tous les jours pour encombrer très rapidement le système", souligne Jean-Paul Ortiz, président du CSMF, joint par L'Express.

Dans un communiqué daté de samedi, la Sécu a reconnu craindre un encombrement du système. "Une action visant à revenir, même ponctuellement, à des transmissions papier se traduirait par un allongement de plusieurs semaines - potentiellement plus de deux mois - des délais de remboursement" pour les patients.

"Une grande première"

De mémoire de président du CSMF, c'est la première fois qu'un tel moyen de pression est utilisé. "C'est une grande première, reconnaît Jean-Paul Ortiz, il n'y a pas d'antécédent." Difficile, donc, de prédire la portée du mouvement.

A ce stade, le gouvernement maintient son cap. Les médecins n'ont arraché à la ministre de la Santé Marisol Touraine - rebaptisé Marisol "Toutbaigne" par les grévistes - que la promesse de groupes de discussions courant janvier. Ce lundi matin, au micro de France Inter, le président François Hollande a néanmoins affirmé avoir entendu les inquiétudes des médecins au sujet de la généralisation du tiers-payant, l'un des points noirs, selon la profession, du projet de loi à venir. Sur ce volet, le chef de l'Etat a promis de faire "simple".

Opérations coups de poing à venir

Faute de résultats probants, les syndicats de médecins se disent prêts à mener d'autres actions coups de poing. Leur nature n'a pas été précisée pour mieux "garder la surprise", garantit Jean-Paul Ortiz.