C'est un bras de fer qui n'en finit plus. Les médecins sont à nouveau en grève ce vendredi, la quatrième fois depuis le début de l'année. Ils protestent contre la loi santé de Marisol Touraine. Un point cristallise depuis le début leur mécontentement: le tiers payant généralisé.
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Ce qui coince
Concrétement, grâce au tiers payant, les patients n'auront plus à avancer les frais lors d'une consultation chez le médecin, directement remboursé par l'assurance maladie et les mutuelles. Côté syndicat, ce dispositif est synonyme de calvaire administratif et d'impayés. "C'est la plus forte angoisse" sur le terrain, assure Claude Leicher, le président de MG France, qui aimerait un tiers payant facultatif.
Marisol Touraine comme François Hollande ont toujours promis que le dispositif serait "simple". Mais le rapport commandé aux organismes d'assurance maladie, qui avaient jusqu'au 31 octobre pour proposer des solutions techniques, se fait toujours attendre. Sur BFM ce vendredi matin, la ministre de la Santé a défendu "une mesure de justice, de simplification et qui, progressivement, apparaîtra comme une évidence".
"Si l'on souhaite prendre des mesures sociales, on n'a qu'à faire des efforts sur le remboursement des soins dentaires et d'optique, mais également relever le plafond d'attribution de la CMU (couverture maladie universelle)", pointe Thierry Lefresne, médecin à Bagneux, qui refuse de passer davantage de temps aux charges administratives.
Journée noire
"Black friday". C'est le nom de code d'un mouvement qui s'annonce suivi. L'ensemble des syndicats de médecins libéraux (CSMF, MG France, FMF, SML, Bloc) font en effet front commun avant le retour lundi du projet de loi à l'Assemblée nationale, où il sera examiné en deuxième lecture. Rejoints depuis par SOS Médecins et d'autres professions, ils bénéficient aussi du soutien de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), elle aussi remontée contre un texte accusé de "menacer l'exercice libéral".
Conséquence de la mobilisation des chirurgiens, des opérations seront déprogrammées dans les établissements privés, tandis que les urgences pourront être transférées vers l'hôpital public. Des grèves des gardes sont également à prévoir ce week-end et au-delà. Des rassemblements ou des opérations escargot seront organisés à Paris et en région, avant une manifestation lundi à proximité de l'Assemblée nationale.
Que faire si vous tombez malade
Comme à chaque grève, les agences régionales de santé (ARS) peuvent réquisitionner des praticiens en fonction des besoins. Commencez donc par contacter votre médecin traitant pour vérifier s'il est concerné ou non. Vous pouvez également trouver les coordonnées d'autres professionnels de santé sur le site de l'Assurance maladie. Le cas échéant, composez le 15 ou le numéro de permanence des soins de votre département, pour être conseillé et orienté, avant de vous précipiter aux urgences, souvent bondées. Enfin, pour ce qui est des rendez-vous non-urgents, mieux vaut les décaler. Dans tous les cas, grève ou pas, étant donné les délais d'attente, les chances pour trouver un ophtalmologue ou un dermatologue en si peu de temps auraient été faibles...
